Littoral - Le magazine des gens de mer

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L'importateur des premiers optimists en France est décédé

Michel Mazéas, ancien maire de Douarnenez pendant 24 ans / © France 3 Bretagne
Michel Mazéas, ancien maire de Douarnenez pendant 24 ans / © France 3 Bretagne

En 1966, Michel Mazéas, ancien maire de Douarnenez, est décédé aujourd'hui. C'est lui qui, le premier, a utilisé des Optimists pour former les jeunes à la voile. Tous ceux qui ont connu les premiers pas de voile sur cette fameuse "caisse à savon" peuvent lui rendre hommage…

Par Aline Mortamet

En 1966, Michel Mazéas, ancien maire de Douarnenez, commence à former des jeunes en école de voile. Il est à cette occasion l’un des premiers à construire et à utiliser ce dériveur…

« En 1961, les Services Départementaux de la Jeunesse et des Sports décident de créer à Tréboul un Centre Nautique pour répondre à la demande de plus en plus pressante en matière de voile et à une nécessité de former des sportifs de haut niveau. C'est aussi le début de la «voile scolaire», et l'ouverture des premières classes de mer.
C'est au cours de l'hiver 1966 - 1967 que les premiers Optimist français apparaissent sur les côtes bretonnes, à Carantec et à Tréboul. Ils étaient construits à partir des plans d'un tout petit voilier monoplace qui naviguait déjà depuis une dizaine d'années en Amérique et dans les pays scandinaves en particulier. Fabriqué en contre-plaqué marine par des bénévoles (le plan a circulé, mais son auteur n’a jamais réclamé de droits…), équipé de voiles faites à l’unité, l’Optimist prouve rapidement qu’il est l’outil idéal pour l’apprentissage des tout jeunes navigateurs. Peu à peu, les écoles de voile s’en sont emparés…»
Bruno Leroux avait rencontré récemment Michel Mazéas, pour évoquer cette aventure. Le sujet est visible dans l'émission consacrée à François Gabart, que vous pouvez consulter iciA 15'15.Opti, la cour des grands.
L'Optimist, le petit bateau qui a vu le départ de tous les grands / ©
L'Optimist, le petit bateau qui a vu le départ de tous les grands / ©

Conçu en Floride au lendemain de la deuxième guerre mondiale, l’Optimist est rapidement devenu le dériveur le plus utilisé pour l’apprentissage de la voile chez les enfants. L’Optimist est un petit dériveur d’initiation créé en 1947 par l’architecte Clark Mills à Clearwater (Floride). Cet américain, mort en décembre 2001, a dessiné ce bateau pour répondre à une commande. Homme modeste et généreux, il ne recevra jamais le moindre dollar sur ce plan pourtant le plus diffusé au monde…
Construit initialement en contreplaqué (souvent sous forme de kit par des amateurs), ce bateau fut introduit en Europe à la fin des années 60. Doté d’une coque à fond plat, équipé d’une voile unique, c’est un bateau léger, stable, très simple à manœuvrer et qui permet aux débutants d’accomplir leurs premiers bords en toute sécurité. L’Optimist est rapidement devenu le dériveur le plus utilisé pour l’apprentissage de la voile chez les enfants.
Les noms prestigieux que portent aujourd'hui une nouvelle génération de «voileux» sont issus de cette nouvelle manière d'aborder la navigation en mer. Jean Le Cam, Michel Desjoyaux, Marc Guillemot, Roland Jourdain évoquent bien des souvenirs à propos du plus petit voilier du monde, qui a été pour eux l’indispensable compagnon dans leur découverte de la mer…Et François Gabart, lauréat du dernier Vendée Globe, ne fait pas exception à cette longue tradition.



Pauline Kerscaven sur le plateau de Bali Breizh