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Littoral - Le magazine des gens de mer

Le dimanche à 12 h 55, rediffusé nationalement le mardi à 9 h 20
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La saga des Pen-Duick

La saga des Pen-Duick ("tête noire" en breton) redonne vie livresque aux six légendaires bateaux d'Eric Tabarly. Grâce à Daniel Gilles et Gilles Martin-Raget, ce bel ouvrage vous propose de re-traverser l'histoire de Tabarly, et de la course au large au XXème siècle. Une chronique d'Aline Mortamet

Par Emilie Colin

La saga des Pen-Duick retrace l'histoire des six légendaires bateaux d'Eric Tabarly. Mais cinq seulement continuent à naviguer aujourd'hui, puisque le mythique Manureva - Pen-Duick numéro 4 - a disparu coque et âme avec Alain Colas en 1978, lors de la première route du Rhum.

Pour l'écriture de ce très beau livre, seul un Daniel Gilles pouvait oser prendre la plume. Equipier d’Eric Tabarly dès la première heure, il était devenu son biographe quasi officiel et c'est donc avec le soutien de Jacqueline Tabarly qu'il a dirigé la ligne éditoriale de La saga des Pen-Duick. Le nom Pen-Duick signifie "tête noire" en breton, pour désigner la mésange charbonnière.

Chez les Tabarly, la saga démarre en 1938 quand Guy, le père d'Eric, achète Pen-Duick  (le premier ne porte pas de numéro) à une vieille famille nantaise. Le bateau avait été dessiné en 1898 par un architecte naval écossais. Eric le rachète à son père en 1952, alors qu'il vient de fêter ses 21 ans. A partir de cette date, le bateau l'accompagnera toute sa vie, de ses débuts à la Navale de Brest, jusqu'à son dernier appareillage en 1998, lorsqu'il disparaît en mer d'Irlande dans la nuit du 12 au 13 juin.

Puis il y aura Pen-Duick II, le symbole d'une victoire: celle d'Eric Tabarly dans la Transat anglaise de 1964. Ce sera donc le plus prestigieux, celui qui marque les premiers pas du marin dans la notoriété. Puis le III, infatigable goélette noire, le IV  trimaran révolutionnaire disparu dans les parages des Açores, le V vainqueur pacifique à Tokyo, et enfin le VI pour la grande croisière. On ne les passera pas tous en revue, car chacun mérite à lui tout seul un long et beau chapitre.

Vous (re)découvrirez à travers les superbes photos de Gilles Martin-Raget  que tous sont superbement élégants, avec une ligne pure et une altière allure. Mais  tous sont aussi extrêmement novateurs et intelligents dans leur gréement. Le premier du nom est typique des années 1900, avec des vernis blonds, et des clairevoies de verre. Le dernier est construit en 1973 en alliage d'aluminium par l'arsenal de Brest, et ce sera l'un des bateaux de course les plus puissants au monde.

En leurs temps, ces six Pen-Duick ont tous forcé les portes de la découverte nautique, avec l'audace de leurs propres innovations technologiques. Ils ont aussi formé des marins d'envergure, de Poupon à Lamazou, en passant par de Kersauson.

En matière de performance, ils sont aujourd'hui naturellement dépassés, mais de nouveaux skipppers continuent d'enseigner à leur bord, l'art de naviguer sur ces bateaux solides et marins. Ce très beau livre retrace à la fois l'épopée de la course au large, tout comme les vertus hautement pédagogiques de cette longue lignée de Pen-Duick.

Editions du Chêne - 49,90 €

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