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Littoral - Le magazine des gens de mer

Le dimanche à 12 h 55, rediffusé nationalement le mardi à 9 h 20
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Le coeur de l'homme

Dans un village de pêcheurs, un gamin part à la rencontre d'une galerie de gens cabossés par la vie. Sous forme d'un poème épique bercé par le vent et la mer. Un livre de Jón Kalman Stefanssonn, chroniqué par Emmanuelle Mougne

Par Aline Mortamet

« Le gamin » et un géant, dénommé Jens, se retrouvent rescapés d'une tempête de neige dans laquelle un autre a péri. Recueillis par le médecin d'un village, ils se retapent. Lors de son séjour, « le gamin » (puisque celui-ci sera toujours appelé ainsi) est troublé par une jeune fille à la chevelure rousse mais il reprend le bateau et retourne dans le village de pêcheurs d'où il est venu. Là vivent le directeur de l'école, très savant mais très seul, son frère le riche possesseur de bateaux, l'aubergiste, veuve libre et montrée du doigt, Oddur le pêcheur amoureux et bien d'autres encore. « Le gamin » passe de l'un à l'autre, orchestrant curieusement les vies et finissant par choisir la sienne. 

Cet épais roman islandais (452 p), conjugue lyrisme et aventures, nature et grands sentiments, portraits de gens cabossés par la vie mais empreints de l'énergie qui pousse à aller de l'avant. A la fois roman d'apprentissage singulier (« le gamin » n'en est plus un, c'est même sans doute le plus sage, celui qui voit au-delà des apparences, qui détient le savoir sur les êtres et le monde), poème épique bercé par le vent et la mer, les poissons que l'on pêche et les saisons que l'on subit, la rudesse et le miracle du vivant. Le coeur de l'homme est aussi un formidable hommage à la littérature : « Où résident le bonheur et la plénitude, si ce n’est dans les livres, la poésie et la connaissance ? ».

Avec ce roman, qui clôt sa trilogie commencé par Entre ciel et terre et poursuivi par La Tristesse des anges (surnom donné à la neige qui tournoie et qui tue) – mais que l'on peut lire indépendamment - l'Islandais Jón Kalman Stefansson confirme son talent pour décrire un monde intense, envoûtant, encore en prise avec les éléments, en conjuguant méditations sur la vie et la mort, peintures de paysages et portraits tendres et cruels d'une humanité fragile et frémissante.

Jón Kalman Stefansson est né en décembre 1963 à Reykjavik. Après avoir travaillé dans la pêche et la maçonnerie, il entreprend des études en littérature mais ne les termine pas. Il vécut ensuite à Copenhague avant de rentrer en Islande et de devenir bibliothécaire. ll vit aujourd'hui de l'écriture de contes et de romans.

Editions Gallimard
22,90 euros 

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