Littoral - Le magazine des gens de mer

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Le corsaire fête ses 60 ans à Carantec

© AS Corsaire
© AS Corsaire

L’AS Corsaire fête cette année les 60 ans du Corsaire, une belle aventure qui sera fêtée au moment du National corsaire  à Carantec,  grâce à Jean-Baptiste Patault, président du Club Nautique, et à son équipe. Ce rassemblement sera un événement à la fois sportif et festif.

Par Sophie Bourhis

C’est  donc le Club nautique de Carantec qui a été chargé par l'association nationale des propriétaires de Corsaire, d'organiser le National Corsaire et la régate Myth of Malham Cup pour fêter dignement l’événement.. 1954 c’est la naissance du Corsaire. Bateau marin et très sûr, ce petit croiseur de 5,50m  a été dessiné par  l’architecte et navigateur Jean-Jacques Herbulot, pour la célèbre école de voile des Glénan. Très vite, les propriétaires de Corsaire sentent le besoin de se regrouper et créent l’Association des propriétaires de Corsaire dont le but sera d’organiser des régates. Deux régates phares de la série vont naître alors, la Myth of Malham Cup en 1958 à Brest et Le National Corsaire en 1959 à La Rochelle.


la Myth of Malham Cup

En 1958 John Illingworth, architecte naval britannique, offre une coupe à l’AS Corsaire pour fonder une régate la Myth of Malham Cup. À l’origine,
« La Myth » se courait presque exclusivement en Manche et en Mer du Nord, sur des parcours de 40 à 60 milles, avec des possibilités de navigation de nuit. Même si elle a été sensiblement adoucie depuis, la Myth reste une régate longue d’un jour, pouvant être rendue difficile par les conditions de navigation. Jusqu’en 1985 elle se disputait à une date et dans un port différent du National Corsaire. Depuis Pornic en 1985, les deux régates phares de la série se courent sur le même plan d’eau au même moment. La coupe est remise chaque année au vainqueur de cette régate L’édition 2014, se disputera entre la magnifique baie de Morlaix et Lannion le dimanche 3 Août.  67 Corsaires seront sur la ligne du départ.

Le National Corsaire

Première édition en 1959 à La Rochelle, le National est la fête annuelle du Corsaire. Disputé durant les 4 jours suivants la Myth, il emprunte des parcours relativement courts environ 15 milles permettant ainsi à tous les concurrents, équipages familiaux, débutants, croisiéristes, mordus de la régate... de participer dans de bonnes conditions. Pour cette année, 67 bateaux sont attendus en Baie de Morlaix pour disputer le National Corsaire du 5 au 8 août.

Le Corsaire à 60 ans, merci Monsieur Herbulot


La baie de Morlaix a vu aussi débuter sur Corsaire différents régatiers qui se sont ensuite faits un nom dans la course au large : Gaël et Armel Le  Cleac'h, Bruno Jourdren, Nicolas Troussel, Thomas Coville, Jérémie Beyou.

Aujourd’hui le Corsaire est toujours fabriqué en bois, aux chantiers Pichavant à Loctudy et au chantier Amiguet en Suisse, en plastique au chantier Franck Roy à La Rochelle et  en matériaux composite au chantier MB composite à Yverdon en Suisse. Chaque Corsaire possède un numéro de création, le N°1 confié aux Glénans a été remis en état en 1968  puis donné à l’AS Corsaire et  exposé au Salon Nautique de Paris de cette même année. Le 6 août 1981, l’AS Corsaire, en présence de Jean-Jacques Herbulot remet officiellement le corsaire N°1 au Commandant François Bellec, Directeur du Musée de la Marine.

Herbulot, l’inventeur de la plaisance moderne. Réalisation Bruno Leroux
Architecte de formation, Jean-Jacques Herbulot a construit son premier bateau en 1940, avec des bouts et quelques planches de contreplaqué. Au lendemain de la seconde guerre mondiale, pour l’école des Glénan, il se lance dans des conceptions à grande échelle, par amour de la mer et de la régate. Pour rendre moderne la plaisance, Jean-Jacques Herbulot sera l’homme providentiel aux côtés de Philippe Vianney, le créateur de l’école des Glénan. Il dessinera d’abord le Vaurien (1951), puis la Caravelle (1953), comme prame de service. Les années cinquante assisteront ainsi à l’éclosion de la plaisance, et au déclin du yachting. Dans une philosophie partagée faite de simplicité et d'économie, il a voulu que ses bateaux soient peu onéreux et facilement réparables. Grâce à lui, la voile moderne a pu devenir un vaste territoire accessible à tous. On estime qu’environ 65 000 unités ont été construites sur ses plans. Aujourd’hui encore, quelques associations en perpétuent « l’esprit», en organisant régulièrement régates, et rencontres d’adhérents. La preuve qu’une voile démocratique existe toujours…
Herbulot, l’inventeur de la plaisance moderne