Littoral - Le magazine des gens de mer

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Les énergies marines renouvelables dans le rythme

Eoliennes offshore
Eoliennes offshore

Les énergies marines renouvelables (EMR) accusent un léger retard dans leur plan de développement mais la cadence est bonne. La volonté politique est là, les acteurs économiques sont prêts ; il faudrait encore gagner en souplesse bureaucratique…

Par Sophie Bourhis

La France n’atteindra pas l’objectif européen de 2020 fixé à 6 gigawatts en termes de production d’énergie grâce aux énergies renouvelables mais seulement 4 gigawatts.Voilà qui n’inquiète pas outre mesure les développeurs des E.M.R. qui estiment malgré tout que la dynamique est véritablement lancée en France.

« Nous sommes dans une cadence raisonnable »  précise Mario Pain, le directeur adjoint de l’Energie, qui attend beaucoup de la future loi de transition énergétique de 2014 pour combattre ce qu’il appelle « la schizophrénie nationale » entourant le développement d’un secteur qui, pour l’heure, ne représente rien dans le paysage maritime français. 700 emplois directs et 0,1 milliard d’euros de valeur de production.
« La maturité technique et économique des E.M.R. sera atteinte entre 2020 et 2030 » prévoit Jean-Louis Bal, le président du Syndicat des Energies Renouvelables.  Mais d’ici là le problème essentiel sur lequel il faudra légiférer se pose en termes de simplification. Les procédures de développement sont aujourd’hui très lourdes sur le plan administratif et juridique. Et si, globalement, l’acceptabilité des E.M.R. parait acquise dans l’opinion publique, les recours des opposants demandent 7 à 8 ans de procédure contre 2 à 3 ans en Allemagne.

Cependant, une véritable filière industrielle française émerge aujourd’hui avec des opérateurs qui attendent impatiemment le lancement d’un troisième appel d’offres, qu’ils espèrent ambitieux. Le second appel porte sur deux sites et rappelons que 3 des 4 sites du premier appel ont été remportés par EDF Energies Nouvelles, leader international présent dans 17 pays au monde, dont les Etats-Unis. Associé à Alsthom, ses capacités en éolien offshore s’allient à des projets hydroliens qui autorisent d’ores et déjà d’importants investissements sur les ports de Cherbourg et de Saint-Nazaire.
Quatre fermes pilotes seront lancées au large d’Ouessant (Fromveur) et du Cap de la Hague, dans le Raz-Blanchard à l’extrémité de la presqu’île du Cotentin.

Le Premier Ministre Jean-Marc Ayrault rappelait aux assises de la Mer l’engagement du président de la République à Cherbourg, précisément, le 30 novembre 2013, sur les énergies marines renouvelables, au titre des investissements d’avenir car « la France se doit d’être à l’avant-garde ». Mais beaucoup de travail reste à faire et sans doute à dégager un modèle français, qui n’est pas celui d’aujourd’hui, tout du moins dans la part des risques pris par les opérateurs et l’Etat, au regard des coûts de ces énergies de demain.
Pascal Vannier

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