Littoral - Le magazine des gens de mer

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Mathurin Méheut, décorateur marin

Le peintre Mathurin Méheut a bien croqué l'identité bretonne. Il a aussi fort bien appris à disséquer la faune marine pour en extraire une foisonnante inspiration. Un livre de Michel Glémarec, chroniqué par Aline Mortamet

Par Aline Mortamet

Mathurin Méheut, les Bretons le connaissent bien, tant il s’est attaché sur ses toiles à immortaliser les traditions de la région. Mais on ne peut le réduire à cet attachement régionaliste. Car il fut aussi un grand « décorateur marin », fortement influencé par une approche naturaliste acquise au laboratoire de Roscoff au début du XXème siècle. Ce que Michel Glémarec, grand biologiste marin, nous raconte dans cet ouvrage.

Car Mathurin Méheut a été l’illustrateur de véritables encyclopédies naturalistes au début de sa carrière, et se situe ainsi dans la droite ligne de Haeckel, Gradl et Grasset. Jeune, il a travaillé plusieurs années auprès de zoologues et d’algologues, et n’a en fait jamais cessé son chassé-croisé entre l’art et la science. Le Musée de la Marine de Paris lui consacre une exposition jusqu'au 30 juin 2013.

Peintre né à la fin du XIXème siècle à Lamballe, il a séjourné pendant deux années à la station biologique de Roscoff, entre 1910 et 1912. Il a donc commencé à croquer le monde, en s’intéressant aux oursins, aux calmars et aux pieuvres. Avec comme premier souci, celui de trouver comment styliser leur comportement, pour en faire émerger des espaces géométriques.
Il reviendra à Roscoff dans les années 1950, pour illustrer l’ouvrage de Roger Vercel, Pêcheurs des quatre mers. Ambiance multicolore de parties de pêche sur les eaux d’Audierne, avec des crabes aux pinces d’or, et des sardiniers tout de jaune vêtus.

Au cours de sa longue carrière, Mathurin Méheut effectuera plusieurs embarquements sur des paquebots, à bord desquels la compagnie générale transatlantique, ou la compagnie des chargeurs réunis lui passeront commande de décors.

Toujours influencé par l’univers de la faune maritime, Mathurin Méheut peut aujourd’hui être considéré comme un véritable passeur entre l’art et la science. C’est la démonstration de Michel Glémarec. Dans cet ouvrage, certes un peu austère, mais convaincant dans son intention éditoriale.

Editions Le Télégramme
19,90 euros