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Plein phares sur les bateaux-feux

Décembre 2014 / Janvier 2015
Décembre 2014 / Janvier 2015

Le Chasse-Marée décembre 2014/ janvier 2015 sort aujourd’hui, avec notamment un dossier complet sur la mémoire des bateaux-feux. Sur ce même thème, Littoral vous avait récemment proposé un joli film signé Alexandre de Séguins. Retour sur ce pan caché de notre histoire maritime.

Par Aline Mortamet

Les bateaux-feux ont une histoire riche et pourtant méconnue. Vincent Guigueno, ingénieur en charge de la Mission "Patrimoine des phares" au Ministère de l'Ecologie, s’est passionné pour ces « bateaux sans voyages » depuis quelques mois, quelques années même, et résume dans le dernier numéro du Chasse-Marée, ses meilleurs souvenirs et plus riches émotions tirées de ce joli plongeon dans notre patrimoine maritime.

Au départ, Vincent Guigueno a été contacté par l’association du Musée maritime du Havre, à l’été 2014. Le Havre III était en attente de classement au titre des Monuments historiques, il lui fallait faire bonne figure, et convaincre tout un aréopage du Ministère de la Culture sur la justesse de sa cause. Le Havre III a été construit en 1935 dans les chantiers de Graville au Havre, il a d’abord été mouillé dans le pas de Calais sur le banc de Dyck, puis fut affecté comme balise pour signaler l’entrée du port normand. Avant d’être remplacé dans les années 1980’ par une grosse bouée-phare automatique… comme la plupart de ses cousins.

Car le sort des bateaux-feux a ainsi été scellé. Au départ, avant la révolution des lentilles de Fresnel, les « vaisseaux de lumière » avaient été inventés en Angleterre. Dans le monde, au moins 500 ont été construits, là où notamment des phares ne pouvaient être construits, principalement sur des bancs de sable. Et puis, l’automatisation est arrivée, et les bateaux ont été remisés.

Autre histoire à retenir, celle du Sandettié, qui fait désormais partie de la collection à flot du musée portuaire de Dunkerque. Armé par huit hommes d’équipage, il sera considéré pendant plus de trente ans comme le modèle des feux-flottants français. Alexandre de Séguins l’a immortalisé pour les mémoires de Littoral, dans le magazine L'homme des forges et les vaisseaux fantômes. Aujourd’hui, il se résume à un éclat blanc toutes les cinq secondes sur le bassin du Commerce, comme un « appartement-témoin des bateaux-feux français ». L’histoire est belle, mais un peu triste aussi. Comme s’il soufflait un air de nostalgie sur les quais du Nord.

A lire aussi dans ce très beau numéro du Chasse-Marée, notamment un papier inédit sur les premiers écrits de Marcel Proust, Les plaisirs et les Jours – un recueil de poèmes et de nouvelles avec des "marines"-, et aussi, une invitation au voyage sur les premiers bords de l’Hermione

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