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Littoral - Le magazine des gens de mer

Le dimanche à 12 h 55, rediffusé nationalement le mardi à 9 h 20
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Port-en-Bessin, regard d'un visiteur

Le Port de l'Evêque puis celui de port de Bayeux, Port-en-Bessin et son environnement construit au fil des siècles restent une évidence économique et sociale. Un livre de Patrick David, chroniqué par Pascal Vannier.

Par Pascal Vannier

C’est un grand voyage dans le temps d’un port aussi attachant que vital dans le département du Calvados et en Basse-Normandie. Il s’incruste sur la côte du Bessin; pays de bleu et de vert, où les mouettes suivent les labours sur les falaises, comme elles le font d’un banc d’éperlans. L’endroit est unique et le Bessin est le poumon de Patrick David, l’auteur de ce regard.

Il le ramène à sa jeunesse, à son existence et à l’Histoire, avec le grand « H ». Histoires de rencontres que ce port signé d’une tour Vauban, du moins de l’un de ses émules, Benjamin de Combes. Soyons honnêtes, une petite tour, symbole de l’un des rendez-vous manqués du port de Bayeux au XVIIème siècle, où plutôt que de s’ingénier à faciliter le travail des pêcheurs locaux, les grands penseurs de la mer entendaient faire de cet abri de la côte est du Calvados une base pour le commerce international.

La Compagnie Chabert lance le projet pharaonique d’un entrepôt général de France entre l’Europe et l’Amérique. Tigre de papier qui n’empêchera pas Port-en Bessin de se développer…autrement et en gardant son âme : celle des travailleurs de la mer, des gens d’ici dont une belle et intelligente iconographie accroche leurs maisons « hautes et étroites sur la falaise ». Les ramendeurs, la livraison des moules exhalent les senteurs du lieu avec le naturel de ces instantanés pour cartes postales anciennes. L’élégante poissonnerie, victime des Allemands, n’a pas eu le remplaçant mérité. La récente halle aux poissons est certes pratique mais impersonnelle. Les heures qui ont suivi le Jour J de juin 1944 n’ont pas épargné Port-en-Bessin ; il y a là également motif d’escale et de regard sur le chemin de la Liberté.

Port-en Bessin, où l’on peut « se laver les yeux au bord de la Manche ». L’invitation est signée Paul Signac et le destinataire Georges Seurat. Deux artistes inventeurs d’embruns pointillistes, de voiles de modernité. Port-en- Bessin est une île pour leur peinture, comme il est l’est pour un photographe inattendu…. en soutane. L’abbé Dubosq, curé reporteur qui enregistre toute la vie locale dans son objectif. Et si vite, non pas sur les ailes d’une escorte d’anges mais à bord de sa propre…. automobile ! Prodigieux homme et début de XXème siècle tonitruant pour un port qui trouve également ses couleurs et ses bonheurs sur grand écran. En 1950, Marcel Carné met en scène Jean Gabin dans la Marie du Port. Les Césars 2012 des meilleurs espoirs féminin et masculin vont à Angèle et Tony d’Alix Delaporte.

Depuis la colline qui surplombe les quais, la Vierge des Feux surveille l’océan et ses enfants pour se poser comme phare salvateur dans les tourmentes. C’est sans doute, aussi, une raison pour laquelle le Port-en-Bessin de Patrick David s’écrit comme un cantique.

Port-en-Bessin. Regard d’un visiteur de Patrick David
Les éditions du Bout du Monde
23 €

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