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Littoral - Le magazine des gens de mer

Le dimanche à 12 h 55, rediffusé nationalement le mardi à 9 h 20
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René est un fumeur de harengs

Le visage buriné comme taillé par les embruns, le Hollandais René a des allures de capitaine aux yeux bleus perçant la fumée de ses fûts. Sur le port de Vannes, ils sont toute une équipe à proposer harengs fumés ou nature.

Par Violette Goarant

« Il faut que je garde un œil, dès que la fumée est bleue, je dois remettre du bois pour le feu » ! René va et vient pour sortir les harengs ou plonger ses mains dans le foyer brûlant. Il a grandi dans une famille de pêcheurs qui, eux, faisaient de l'anguille fumée. Employé dans un musée maritime, on lui propose de faire une animation dans un festival. Le contact avec le public lui plait. L'idée lui vient : avec des amis, il décide de se lancer dans la fumaison nomade de harengs. C'était il y a vingt ans.

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A déguster chaud

C'est tout une organisation : « Mon copain lave les harengs, ma copine coupe les harengs. On les laisse sécher pendant une nuit dans la cabine en bois et puis, ensuite on les fume. » Important, René recommande, pour un meilleur goût, de déguster le hareng chaud.

De festival en festival

La troupe se déplace souvent en France, Hollande, Belgique ou Allemagne. Cette année, on les attend à Honfleur, Orléans, et à Dunkerque pour la première fois... René soupire : « Il faut faire des choix ». Parce qu'à côté, il exerce un travail « normal » : « J'ai ma propre entreprise, je fais tout de ce qui est technique, manuel comme des choses en métal, des toits, je fais tout ». Il s'organise autour de l'entreprise et l'association de fumaison de harengs où ses amis sont employés.

La fumaison de harengs

Les Pays-Bas "à l'odeur"

Et puis, ce choix d'une boutique nomade complique un peu la mise en place : « C'est beaucoup de travail ! Il ne faut rien oublier ! Tout est très important, les gens doivent sentir l'atmosphère ». Effectivement, on sent tellement l'atmosphère qu'on garde l'odeur sur les vêtements. René et son amie à la vente des harengs, éclatent d'un grand rire : « On est interdit d'hôtel ! Ils mettent un mois pour enlever l'odeur après... » Plus sérieusement, son amie raconte : « Un jour, nous étions dans un restaurant très chic (dit en français) et au bout de 10 minutes, plus personne n'était autour de nous ! Entre nous, on ne sent plus rien » ! Pourtant quel succès ! Les passants s'arrêtent, observent le bal des harengs, prennent parfois une assiette et partent enfumés.



Fabian Lahaie, avocat des familles.