• FAITS DIVERS
  • SOCIÉTÉ
  • ECONOMIE
  • POLITIQUE
  • CULTURE
  • SPORT

Littoral - Le magazine des gens de mer

Le dimanche à 12 h 55, rediffusé nationalement le mardi à 9 h 20
Logo de l'émission Littoral - Le magazine des gens de mer

R.M.S. Lusitania

Un livre de Ordas et Cothias

Une chronique de Pascal Vannier

Par Emilie Colin

L'anniversaire de la Première Guerre Mondiale, son Centenaire, approche à grands pas. L'ouvrage de Patrice Ordas et Patrick Cothias nous propose de revisiter un évènement déterminant de la Grande Guerre, l'entrée des Etats-Unis dans le conflit, en 1917. Au coeur de ce tournant, le Lusitania, le paquebot britannique de la Cunard Line, torpillé au large de l'Irlande le 7 mai 1915. Avec ses quatre cheminées, il a des airs du Titanic et se dirige vers le port de Queenstown - dernière escale du Titanic avant son naufrage- quand un sous-marin allemand l'envoie par le fond. L'émoi suscité est considérable :1198 des 2160 passagers meurent dans l'explosion. 197 sont américains et une centaine d'enfants font partie de ces victimes.

"Sir Winston Churchill n'a pas le choix, Commandant. Il ne peut pas entreprendre cette traversée avec des aéroplanes et nous avons un besoin urgent de munitions". L'échange entre William Turner, le commandant du Lusitania et Franck Tower, l'un des personnages centraux du livre, est le coeur même du dossier Lusitania. En ce mois de mai 1915, le paquebot a une mission bien précise qui n'en fait plus un liner banal sur sa destination habituelle. Il aura fallu attendre 1972 pour que l'Amirauté britannique admette une réalité gardée secrète, voire falsifiée : il était croiseur auxiliaire armé et avait embarqué à son bord uun véritable arsenal. 

Des obus, des cartouches par milliers, d'autres munitions. Voilà ce que transportait le bateau en plus de ses passagers. Oras et Cothias naviguent vers une conclusion sans ambiguité : le Lusitania "fut offert sur un plateau d'argent...La tragédie fut savamment orchestrée à des fins de propagande." Un certain nombre d'affirmations l'étayent  : la Cunard Line et les passagers étaient informés des risques encourus, le Lusitania semble avoir délibéremment présenté son flanc au sous-marin allemand qui l'a coulé.  Extrêmement dynamique, le récit se divise en trois compartiments, en trois livres, ainsi nommés. Le premier a les vertus des rencontres avec le bord, avec tous ces gens obligés de se livrer un peu, de se dévoiler et de parler dans un univers clos comme celui d'un navire, d'abord cerné par l'océan, avant de l'être, sans doute, par la machination des chefs de guerre.

Grand Angle romans - 22,95 €

Douarnenez, la plage du Ris interdite à la baignade