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Littoral - Le magazine des gens de mer

Le dimanche à 12 h 55, rediffusé nationalement le mardi à 9 h 20
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Robert Capa, traces d'une légende

Un livre de Bernard Lebrun et Michel Lefebvre

Une chronique de Pascal Vannier

Par Emilie Colin

Ce 6 juin 2012, date de mise en ligne de cette chronique, est évidemment un symbole, le jour du 68ème anniversaire du D-Day, de ce mardi de 1944 où le monde a commencé à basculer de la Dictature à la Liberté. De ce jour où un certain Robert Capa est devenu une légende sur la plage héroïque des opérations du  débarquement de Normandie, à Omaha Beach.

Faut-il rappeler que le grand photographe du non-moins emblématique magazine Life fut le seul à pouvoir accompagner la 1ère Division d'Infanterie américaine, The Big Red One et donner au monde un reportage unique, sauvé in-extrémis ? Faut-il rappeler aussi que sur les quatre rouleaux de tente-six poses que Capa expédie à Londres, seules onze photographies vont échapper à un accident de chambre noire ? Les Magnificent Eleven, comme disent les Américains, les onze magnifiques surgies de l'enfer des premières minutes du Jour J et publiées pour la première fois le 19 juin 1944.

Intimité avec la mort sur Omaha, avec des GI's harcelés, meurtris mais qui ne reculeront pas. Intimité avec sa propre famille de coeur, en attendant Overlord : Robert Capa est  d'une actualité éternellement proche.
Il est vrai que l'écriture et la mise en page du livre de Bernard Lebrun (France 2) et de Michel Lefebvre (Le Monde) sont des gros plans, façonnés par deux grandes signatures du métier, admiratifs et à la recherche de la sincérité d'un portrait au plus près. Ils choisissent aussi le Capa en coulisses, harassé de ses correspondances sur le front italien, atterrissant dans les bureaux londoniens de Time-Life en février 1944. C'est l'antre de cette photo coquine du séant de l'ami Hemingway, juste vêtu d'une blouse de patient, que Pinky, Elaine Justin l'amie londonienne de Capa relève et qui pourrait nous faire manquer l'autre trait de ce cliché, l'énorme bandage que porte Hemingway sur la tête, blessure d'une soirée de mai 1944, sévèrement arrosée.

Intimité du Capa, "le plus parisien des Américains", finalement de retour au pays quand il photographie la libération de la capitale, en août 1944. En fait, pour lui, Paris est déjà marqué de l'automne 1933 : Endre Friedmann quitte sa Hongrie natale et débarque avec, pour seul trésor, un appareil photo. Endre qui se prénommera bientôt André, a alors 20 ans. Mais qui connait le 37, rue Froidevaux, aux contreforts du cimetière Montparnasse ?  Le studio de Capa où Bernard Lebrun et Michel Lefebvre centrent la vie et le travail du fondateur de l'agence Magnum, disparu sur les champs de bataille d'Indochine. Nous sommes en 1937 et Robert Capa est déjà entré dans la légende pendant la guerre d'Espagne. Le livre transperce comme le regard incomparable de son icône.

Editions de la Martinière - 39,90 €

Réaction de Laurence Maillart-Méhaignerie, signataire de la tribune. Députée LREM de la 2e circonscription d'Ille-et-Vilaine