Littoral - Le magazine des gens de mer

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Saumon à tout prix. Diffusion le 30 novembre 2013

Le saumon à tout prix ? A réfléchir...
Le saumon à tout prix ? A réfléchir...

Aujourd'hui, tout le monde veut manger du saumon, on le retrouve un peu partout, chez les poissonniers, dans la grande distribution et même dans les discounts mais d'où vient-il exactement et quel est son parcours ?

Par Sophie Bourhis

D’un côté, il y a du saumon d’élevage que l’on consomme de plus en plus, et sans modération. De l’autre, il y a du saumon sauvage, que l’on trouve encore dans nos rivières bretonnes et normandes, mais de moins en moins, car en malnutrition… Nous sommes au cœur d’un paradoxe : le saumon à la fois symbole de la vie animale, et paroxysme des aberrations de l’industrie agroalimentaire. Enquête

Saumon à tout prix

Saumon à tout prix.
Si l’on se résume, il y aurait donc d’un côté, un poisson qui remplit nos assiettes, mais qui n’est pas toujours au sommet de ses performances gustatives. Et de l’autre, un poisson sauvage qui se raréfie à l’état naturel. Drôle de situation, et curieux paradoxe. La mode du saumon est apparue il y une bonne dizaine d’années, et elle ne s’est jamais démentie depuis. En l’espace d’une décennie, la France est devenu le principal consommateur de saumon fumé en Europe, avec plus de deux kilos par Français et par an. Les enfants comme les parents l'adorent sous toutes ses formes : en tranche, en carpaccio, en lardons, ou en sushi… Avec ou sans antibiotiques, et même sous label bio !
Mais comme souvent lorsque l'industrie fait recette, la nature trinque. Tandis que les saumons des fermes d’élevage de Norvège ou d’Écosse arrivent quotidiennement dans nos assiettes, le saumon sauvage, lui, disparaît de nos rivières. Pour produire un kilo de saumon d’élevage il faut détruire trois kilos de petits poissons sauvages afin de fabriquer de la farine animale. On vide ainsi la mer pour engraisser le saumon d’élevage, et son cousin sauvage ne trouve plus dans l’océan de quoi se nourrir… Autrement dit, un business florissant cacherait-il un drame écologique ?
L’ouest de la France, et en particulier la Bretagne, concentre l'essentiel du problème. On y trouve à la fois les dernières rivières à saumon de France, mais aussi les principales enseignes de l'industrie du saumon, chargées de le fumer et le conditionner. Mais, logique de mondialisation, le groupe norvégien Marine Harvest a annoncé la fermeture de deux de ses usines bretonnes, car il a trouvé moins cher en Pologne… Naturellement, ce dossier s’était imposé au cœur de la crise agroalimentaire bretonne, dénoncée par le mouvement des « bonnets rouges » ces dernières semaines.
un film d’Erwan Le Guillermic et David Morvan.
Coproduction Aligal

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