• FAITS DIVERS
  • SOCIÉTÉ
  • ECONOMIE
  • POLITIQUE
  • CULTURE
  • SPORT

Littoral - Le magazine des gens de mer

Le dimanche à 12 h 55, rediffusé nationalement le mardi à 9 h 20
Logo de l'émission Littoral - Le magazine des gens de mer

Tous les Brest de Pierre Péron, ou le talent d'un grand artiste

Un ouvrage de Françoise et Yves Marie Péron / © Editions Coop Breizh
Un ouvrage de Françoise et Yves Marie Péron / © Editions Coop Breizh

Pierre Péron est un peintre qui s’est consacré à sa ville de Brest pendant 60 ans. Les ciels changeants et la mer. Les grandes grues, la rade et ses ports. Brest est une cité qui vit dans le mouvement permanent, qui se nourrit de métamorphoses et de lumières filantes. L'artiste a tout croqué.

Par Aline Mortamet

« Son atelier est un lieu ouvert sur les brillances du présent et les ombres du passé », écrit sa petite-fille Anne Le Guen. Pierre Péron a commencé à peindre en 1921, il n’a alors que 16 ans. Jusqu’en 1988, année de son décès, il ne lâchera jamais la toile et le pinceau. A partir de 1965, il est « à poste » dans sa tour de Recouvrance, au dessus de la Penfeld, et il croque tout ce qui passe et repasse sous sa fenêtre. Lui-même se surnommait la « seconde vigie du port », tant il passait de temps à sa fenêtre. Et il ne cesse de rebondir d’œuvre en œuvre.

On y retrouve les teintes jaunes et ocre des murailles de la forteresse illuminée par le soleil couchant. Les façades rosées de la ville au loin. Plus tard, les feux d’artifice et les jets d’eau qui illuminent les nuits de la Penfeld. Avec les frégates au mouillage, les remorqueurs à quai, et les trois-mâts qui paradent. Brest, haute et belle ville maritime s’il en est.

Il y a du bonheur et de l’enchantement, de la couleur chatoyante et de la peinture qui pétille. Le tramway file sur le grand pont, les foules courent, et toute la toile s’anime. La grande grue multicolore survivante de la guerre. Les marins qui baladent leurs cols bleus et leurs pompons rouges sur les pontons. Puis la neige tombe, et le port se recouvre de blanc. Mais le peintre ne quitte pas son émerveillement d’enfant.

Des visions graphiques aussi, parfois. Avec le nouveau pont de Recouvrance inauguré en juillet 1954, des ombres et des lumières contrastées à outrance. Des obliques et des verticales épurées. Des angles de vues décalés, presque abstraits. Et d’un coup, l’on change carrément de registre, avec des portraits caricaturaux et humoristiques de ses « figures » de Brest mêm’. Au crayon, mais avec plein d’entrain.

Brest était le port d’attache de Pierre Péron, mais il a vadrouillé sur toutes les mers, d’autant plus qu’il était peintre de la Marine. Ce tout dernier ouvrage reste concentré sur la période finistérienne du peintre, et c’est pur bonheur. Il a été concocté par son fils Yves Marie, et sa belle fille, qui se sont replongés dans les œuvres de Pierre Péron pendant plus de trois ans. Ce qui nous permet aujourd’hui de redécouvrir le talent de ce grand artiste, qui n’a pas pris une ride. Tant mieux et merci.

Editions Coop Breizh
49 euros

Réaction des équipes de l'école primaire