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Littoral - Le magazine des gens de mer

Le dimanche à 12 h 55, rediffusé nationalement le mardi à 9 h 20
Logo de l'émission Littoral - Le magazine des gens de mer

Un feu sur la mer

Un livre de Louis Cozan

Une chronique écrite par Nolwenn Jacob

Par Emilie Colin

En préambule, rappelons simplement que Louis Cozan est né à Ouessant. Après avoir navigué au long-cours sur des pétroliers, il est entré à l'âge de vingt ans au service des Phares et Balises : une première relève mouvementée au phare de la Jument puis Kéréon (le dernier phare en pleine mer qui était habité, jusqu'en 2004, au coeur de la mer d'Iroise), le Stiff, le Créac'h, et enfin le phare de l'île de Sein. Littoral a consacré une émission (cliquez pour la voir) entièrement consacrée aux derniers gardiens de phare le 11 décembre 2010, avec entre autres un reportage sur celui de l'île Vierge, deserté à l'automne 2010. Par ailleurs, un dossier complet sur ce thème dans L'actu de la mer. Le livre de Louis Cozan est prefacé par Eugène Riguidel.

Faisant fi de la légendaire réserve des gens de mer, Louis Cozan témoigne de son métier de gardien de phare, un métier aujourd’hui disparu, depuis que les phares sont automatisés. Et comme souvent dans pareille entreprise, derrière les vagues interdisant les relèves, les réglages de l’optique sur son bain de mercure, ou le fracas des vagues sur la tour de pierre, derrière le travail réglé, répétitif, du gardien de phare, l’homme prend la parole, et raconte l’à-côté, la vie partagée avec les collègues, la bonne et la mauvaise humeur, le choix de vivre au milieu de la mer en laissant à terre femme et enfants.

Une méditation qu’on peut lire entre les lignes, entre les relèves, le temps de la rêverie ou de l'ennui, de la solitude qui donne à l’homme une place à part, à l’image du lieu improbable où il a choisi de passer sa vie, en mer, mais immobile, embarqué sans naviguer, observateur d’un paysage identique en apparence, pourtant renouvelé en permanence, selon les marées, les saisons, les années, dans l'unique but d'assurer la sécurité de ceux qui croisent dans les eaux de la mer d'Iroise.

""On y va!" Il est 11h40 et Auguste vient de lancer la vedette en avant. Tout l'art de la manœuvre a consisté, depuis que nous attendons dans cet endroit oublié des dieux, à positionner précisément le bateau dans cette mer désordonnée pour, à l'instant propice, être en mesure de l'engager rapidement jusqu'à venir presque heurter les pierres du soubassement en jetant l'étrave dans la bordure du courant, barre à droite et moteur en arrière, de manière à faire pivoter la coque en un demi-tour rapide sur sa longueur. Et l'instant propice c'est maintenant!"

Edition Les oiseaux de papier - 17 €

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