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Yann Queffélec, l'homme de mer

© Louis Monnier
© Louis Monnier

L'écrivain sera bientôt le président du jury du festival Livre et Mer de Concarneau, un rôle qui lui tient à coeur. Yann Queffélec est aussi un homme de mer, comme il nous l'a confié lors d'un entretien.

Par Aline Mortamet

Yann Queffélec aime la mer, les gens de mer. Il milite même pour elle. Cette année, il sera le président du jury du festival Livre et Mer de Concarneau et remettre le prix portant le nom de son père s'annonce "émouvant". 

« La mer fait partie de ma respiration »

Je n’ai jamais signé pour avoir un rôle de navigateur, de capitaine, ou un métier de marin. Mais j’aime être en contact avec les métiers maritimes. Je suis du côté des gens de mer, mais je n’en ai pas le titre. Tant mieux s’ils me reconnaissent des leurs. Simplement, la mer fait partie de ma respiration. Mon père disait que c’était dans son sang. Le mien charrie de l’océan.

Tabarly, le roi des pâtes aux oignons

J’ai connu Tabarly lors de navigations dans des périodes mythiques, avant qu’il ne devienne célèbre (c'est-à-dire qu’il remporte la transat en juin 1964 contre les Anglais). C’était au début des années 1960’. Nous naviguions ensemble en baie de Quiberon, sur le Tarann Margilic V.

En Bretagne, on savait qu’il ferait bientôt parler de lui, alors qu’il n’était pas encore célèbre. A cette époque, quand les écoles de mer souhaitaient nous récompenser, ils nous envoyaient nous entraîner avec lui. Dès 1962, j’étais moniteur à l’école Jeunesse et Marine. C’est comme ça que j’ai pu naviguer avec Eric Tabarly. J’arrivais sur un ponton de La Trinité. Je prenais la barre, pendant que lui s’entraînait à toutes les manœuvres. A bord, c’est Eric qui faisait à manger. Sa spécialité, c’était des pâtes aux oignons. Je n’en ai plus jamais mangé d’aussi bonnes depuis. Après cette époque là, je suis devenu écrivain de la marine. Et on s’est revu au moment des grandes fêtes maritimes de Brest 1992.

NB : En 2008, soit dix ans après la mort du navigateur, Yann Queffélec a publié un livre sobrement intitulé Tabarly.

Un plaidoyer pour le Bugaled Breizh

Après Adieu Bugaled Breizh qu’il avait publié en 2009, Yann Queffélec vient de publier une version complétée de son précédent ouvrage, sous le titre : Il s'appelait Bugaled Breizh. Ce dernier ouvrage prend la forme d’un virulent plaidoyer pour que soit rouverte l’enquête sur le naufrage du chalutier, en collaboration avec le journaliste Pascal Bodéré du Télégramme. L’écrivain et le journaliste en sont persuadés : c'est un sous-marin qui a entraîné le chalutier et ses hommes par le fond. Et plus que tout, tous deux craignent de voir la justice enterrer ce dossier.

Ensemble, ils ont donc décidé d’adresser une lettre à François Hollande, pour qu’il intervienne en direct auprès de Barack Obama, et qu’il obtienne « la vérité, les yeux dans les yeux ». « Nous estimons qu'il appartient à l'État français, dont vous êtes le chef, de solliciter au plus haut niveau des éclaircissements quant à la position exacte, en janvier 2004, et bien sûr le 15 janvier à 12 h 23, des douze submersibles SNA américains (susceptibles d'être sur la zone, ndlr) », ont-ils écrit au Président de la République. L'un de ces 12 bâtiments pourrait être le sous-marin espion recherché. Les déclarations d'Edward Snowden, qui a mis sur la place publique les méthodes d'espionnage américaines, pourraient être utiles.

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