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Littoral - Le magazine des gens de mer

Le dimanche à 12 h 55, rediffusé nationalement le mardi à 9 h 20
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D'ailleurs les poissons n'ont pas de pieds

L'Islande. Un territoire méconnu, magnifiquement décrit dans sa singulière rudesse et sa beauté sauvage avec des personnages aux caractères affirmés, réunis par le récit de leur chronique familiale sur trois générations. Une chronique de Bernadette Bourvon

Par Sophie Bourhis

Ari rentre au pays, à Keflavik où  "Nulle part ailleurs en Islande, les gens ne vivent aussi près de la mort " comme il est écrit dans le Livre des terres rédigé au dix-huitième siècle. "Ce lieu est inhabitable, tout s'y oppose, la raison, le vent et la lave " comme le pense Ari. Et pourtant quand il reçoit un colis rempli de souvenirs de la part de son père gravement malade, il quitte son poste d'éditeur au Danemark.
Ari rentre au pays après y avoir plaqué deux ans auparavant sa femme et ses enfant par peur d'une vie banale toute tracée et de ces "mardis sans relief."  L'histoire de Ari n'est pas celle d'un héros, juste d'un homme ordinaire qui tente de trouver un sens à son existence. Fuir n'étant jamais la bonne solution, Ari va plonger dans son passé, mais aussi dans celui de ses ascendants.

C'est un roman immense comme les étendues islandaises et comme la douleur quand on vous abandonne. Un livre d'histoires de trois générations, depuis le grand-père de Ari, le capitaine Oddur et sa magnifique passion pour sa femme Margret. Des histoires d'amitiés et donc de trahisons, de luttes et de pouvoirs. Comme souvent dans les voyages -et ce livre en est un- ce n'est pas l'arrivée qui est intéressante mais le chemin, ses méandres et ses imprévus. C'est une traversée géographique des paysages islandais, mais aussi une traversée du temps, celui du calendrier et celui du temps recomposé sur plus d'un siècle.

Ce livre demande de l'attention, pour ne manquer aucun mot, aucune sensation. Impossible de ne pas être touché par l'évidence de nos attentes justement transcrites par l'auteur. "Étreindre est sans doute le mot le plus beau de toute notre langue.(…) Nous désirons qu'on nous étreigne simplement car nous sommes des hommes et parce que le coeur est un muscle fragile."

Dans une interview Jon Kalman dit que "si on peut facilement résumer un roman c'est qu'il ne vaut pas la peine d'être lu".
Alors celui ci en vaut largement la peine.

D'ailleurs les poissons n'ont pas de pieds de Jon Kalman
22.50€
Gallimard

Interview François Floret