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Littoral - Le magazine des gens de mer

Le dimanche à 12 h 55, rediffusé nationalement le vendredi à 8 h 10
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Noirmoutier, passions de sel

Noirmoutier. Cette  île de l’Atlantique, est connu pour son Gois, son pont, son mimosa, ses cabanes de la plage des Dames et sa fleur de sel. Didier Corbrejaud était pêcheur à Noirmoutier puis quand a sonné l’heure de la retraite, il a enfin pu réaliser son rêve de gosse : faire du sel !

Par Sophie Bourhis

Noirmoutier et le sel, c’est une histoire ancienne qui remonterait au Vème siècle. Ce sont les moines Bénédictins qui, par d'importants travaux de drainage, ont transformé les marais humides de l’île en marais salants. En 1940, on comptait environ 600 sauniers sur l’île. C'est  en 1942 que va naître la coopérative de sel. La vente de sel va connaître un déclin causé par l'invention du procédé de pasteurisation et par l'arrivée du chemin de fer qui entraîne une concurrence grandissante avec les sites plus productifs de Méditerranée. A cette époque, on va préférer développer, sur l’île, la pomme de terre plutôt que le sel. En 1980, cette activité millénaire est à l’abandon, il ne reste qu’une vingtaine de sauniers et le marais se meurt doucement.

C’est alors qu’une bande de copains, des "Parisiens", comme les appelaient les anciens de l’île, décident de s’installer et de faire à nouveau du sel. Ils vont remettre les marais en état et s’appuyer sur les précieux conseils des anciens un peu sceptiques  à l’idée que cette activité puisse redémarrer avec des personnes étrangères à l’île. Laurent Billard, réalisateur, faisait partie de ces jeunes qui se sont installés à Noirmoutier et en a fait un film pour Littoral. Ils vont mettre en avant la fleur de sel, en la récoltant  et en la proposant à des tables de grands restaurants. Ils vont obtenir également de la coopérative le droit de vendre sur le bord de la route leur propre récolte. Aujourd’hui, 3 000 œillets, les parcelles du marais,  sont exploités sur l’île par une centaine de sauniers adhérents ou non à la coopérative et récoltant le sel de façon artisanale,  lui donnant une richesse et un goût unique.

Nous avons rencontré Didier Corbrejaud dans son marais pour la dernière récolte de fleur de sel fin août. 
Didier est né et a grandi sur cette île, à l’Epine plus précisément et jamais très loin des marais salants. Petit, il allait voir les sauniers travailler dans les marais. Puis lorsqu’il a fallu trouver sa voie, conscient de la difficulté de vivre de ce métier, c’est vers la pêche au large qu’il s’est orienté.  Aujourd’hui à la retraite, il est le patron du canot de la SNSM et saunier. A la tête de 12 œillets, il vit enfin son rêve : faire du sel. Ce qui l’a toujours fasciné c’est qu’avec de l’eau dans un marais, on en sortait du sel. Mais ce n’est pas si facile que cela, c’est un juste équilibre entre le bon niveau d’eau, le soleil et le vent. C’est un travail de saison. L’automne et l’hiver, le marais se repose. Au printemps Didier le réveille en le nettoyant et puis l’été il récolte le sel et  la fleur de sel. Celle-ci sèche sur le bord des œillets durant  5 à 6h puis est triée à la main afin de la rendre la plus pure possible. Bien entendu, les récoltes sont à la merci de la météo mais en général, la fleur de sel est récoltée tous les jours de l'été.

Les sauniers d’aujourd’hui sont les héritiers de plus de mille ans de tradition, c’est un travail exigeant, fait de patience et de passion…

Didier Corbrejaud, saunier à Noirmoutier



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