Agriculture : pendant les négociations, les manifestations continuent

Publié le Mis à jour le
Écrit par Séverine Breton .

Alors que les négociations commerciales annuelles se déroulent, depuis plusieurs semaines, les agriculteurs manifestent pour mettre la pression sur les accords à venir. Des dizaines de tracteurs ont convergé ce 25 février vers le centre-ville de Quimper.

"L’Etat a fait voter des lois mais cela ne sert à rien de faire voter des lois, il faut les faire appliquer ! " La loi Egalim 2 a été promulguée au journal officiel en octobre 2021. " Mais aujourd’hui, on voit bien que la grande distribution est toujours dans le même état d’esprit que les années passées, ils ne veulent pas rémunérer les agriculteurs au juste coût de leur travail. "Thierry Marchal, le secrétaire général de la  FDSEA du Finistère est producteur de porcs à Sizun. Quand il voit le comportement de la grande distribution, il est écœuré. "Ils n’acceptent pas des hausses, pour soi-disant, une maîtrise du coût du panier de la ménagère, mais on sait très bien que la grande distribution a la latitude et aurait les marges pour faire les choses différemment."

Pour le consommateur, les hausses qui permettraient aux agriculteurs de vivre seraient presque invisibles expliquent les manifestants. Pour les producteurs d’œufs par exemple, il suffirait de 2 centimes de plus par œuf pour qu’ils puissent se verser un salaire décent.

Le prix matières premières pèse sur les productions

Depuis des mois, toutes productions confondues, tous racontent les mêmes difficultés, les mêmes hausses des matières premières. Les céréales, le blé, l’orge, les protéines, comme le colza, le soja, le tournesol ont augmenté de 100 euros la tonne. Les coûts de production sont donc beaucoup plus élevés et dans les têtes, beaucoup commencent à penser aux semis de printemps. Quand les tracteurs vont s’élancer dans les champs, il faudra faire face au prix du gasoil qui a augmenté de 60 % en quelques mois. 

La peur de l'avenir

Alors Krystell Trébaol hésite. A 26 ans, elle pensait reprendre l’exploitation familiale. "Mais là, j’ai un peu peur," avoue-t-elle. En ce moment, elle travaille dans l’élevage. "Pour produire un kilo de cochon, ça nous coûte 1 euro 52 et aujourd’hui, on nous le paye 1 euro 41. On perd 7 à 8 000 euros tous les mois. Moi, quand je vois les chiffres et les résultats comptables, je ne suis pas sûre d’avoir envie de me lancer dans une carrière où je ne gagnerai pas ma vie"

Une délégation d’agriculteurs a été reçue en Préfecture. "Il faut appliquer Egalim et il faut que l’Etat, qui est aussi un consommateur, joue le jeu. Il passe des commandes et fait des achats pour les écoles, les hôpitaux, les maisons de retraite, les militaires, les prisons et on peut constater qu’il n’est pas un bon consommateur, il faut qu’il accepte de monter ses prix "répète Thierry Marchal. "Si on n’arrive pas à faire passer les hausses on disparaitra !"

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