Attentat de Karachi : il y a 20 ans, 11 personnes dont 2 Finistériens trouvaient la mort au Pakistan

Publié le
Écrit par Séverine Breton .

Le 8 mai 2002, une violente explosion à Karachi causait la mort de 11 salariés de la Direction de la Construction Navale dont deux bretons.

Le 8 mai 2002, vers 7h45 du matin, comme tous les jours, un autocar de la marine pakistanaise se gare devant l’hôtel Sheraton à Karachi au Pakistan. Il vient chercher des salariés de la DCN, la Direction de la Construction Navale, devenue Naval Group pour les conduire sur le chantier de construction de sous-marins. Les 23 ouvriers français sont repartis dans différents hôtels de la ville pakistanaise. Au moment où les employés montent à bord, une violente explosion pulvérise le car. L’attentat fait 14 morts et 12 blessés. Quatre bretons font partie des victimes, deux sont décédés, deux autres blessés.

Un hommage de la famille des sous-marins


Le 13 mai 2002, 3 000 personnes se rassemblent à Brest, 2 200 à Lorient pour rendre hommage aux victimes. Une cérémonie officielle se déroule à Cherbourg. 10 000 personnes sont présentes. Un bus spécial a été affrété pour les Finistériens. "Le monde de la construction de sous-marins est un petit monde. On se connait tous" témoignaient alors les salariés de DCN.


Certains de ses salariés brestois de la DCN étaient rentrés de Karachi depuis quelques jours, d’autres s’apprêtaient à y retourner. "C’étaient des gens avec qui on vivait tous les jours, on avait une chambre aménagée dans l’hôtel où on pouvait se retrouver. Au bout du monde, on avait recrée une petite famille" confiait alors un salarié.Tous travaillaient à la construction de sous-marins Agosta vendus au Pakistan par la France en 1994.

20 ans après, l'enquête est toujours en cours

Dans les jours qui suivent l'attentat, la piste d’un acte islamiste est privilégiée, puis la possibilité d’un geste en représailles contre la France s’impose.

Jacques Chirac au moment de son arrivée au pouvoir en 1995 a refusé de payer des commissions promises sur les contrats d'armements. Des rétro commissions qui auraient peut être servi à financer la campagne d’Edouard Balladur. 

L'affaire Karachi débute

Le 22 avril dernier, les rescapés et familles des victimes ont été reçues au tribunal judiciaire de Paris pour être informées des avancées de l’enquête. Depuis le drame, tous s’interrogent sur les conditions de sécurité des employés de la DCN à Karachi. Les salariés étaient éparpillés dans la ville, le bus empruntait chaque jour le même itinéraire aux mêmes horaires.

La question de la sécurité 

Plusieurs témoignages recueillis ces derniers mois, selon le journal Le Monde, relatent des signaux qui auraient pu alerter sur la sécurité.
Par exemple, quelques jours avant l'attentat, certains pays occidentaux rapatrient leurs personnels du Pakistan. En février 2002, un engin est découvert sous la voiture d'un diplomate français. Le même mois, un employé d'un sous-traitant s'est fait voler une sacoche contenant la liste des personnels français présents à Karachi. Mais le plan de sécurité pour les personnels est maintenu au plus faible niveau (un sur les quatre possibles) et le trajet du bus n'est pas changé.

Ce dimanche 8 mai, une cérémonie d’hommages est organisée à Cherbourg pour faire vivre la mémoire, le souvenir des disparus de Karachi.

.

Tous les jours, recevez l’actualité de votre région par newsletter.
France Télévisions utilise votre adresse e-mail pour vous envoyer des newsletters. Vous pouvez vous désabonner à tout moment via le lien en bas des e-mails. Notre politique de confidentialité