Brest : le chirurgien avait oublié une "lame de drainage" dans le corps de sa patiente

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Écrit par SG//CB (PressPepper)

Le juge des référés du tribunal administratif de Rennes a condamné l'Etat à verser une première "provision" de 12.000 € aux héritiers d'une patiente de l'Hôpital d'Instruction des Armées (HIA) Clermont-Tonnerre de Brest (Finistère) qui avait subi de "vives douleurs" après l'oubli d'une "lame de drainage" dans son corps.

Le juge des référés du tribunal administratif de Rennes a condamné l'Etat à verser une première "provision" de 12.000 € aux héritiers d'une patiente de l'Hôpital d'Instruction des Armées (HIA) Clermont-Tonnerre de Brest (Finistère) qui avait subi de "vives douleurs" après l'oubli d'une "lame de drainage" dans son corps.

La patiente - qui était à l'époque atteinte d'un cancer du côlon gauche de stade IV diagnostiqué depuis 2016 - avait été hospitalisée le 31 juillet 2017 pour "des douleurs abdominales associées à un tableau de sub-occlusion intestinale". 

Elle avait en conséquence subi une intervention chirurgicale le jour même, avant d'être transférée le 14 août en convalescence au service de Soins de suite et de réadaptation (SSR) de Landerneau.

Mais dix jours plus tard, la patiente avait de nouveau été admise à l'hôpital militaire de Brest pour de "vives douleurs abdominales" : un scanner avait "révélé la présence dans la cavité abdominale d'une lame de drainage". Elle avait donc dû subir une nouvelle intervention afin d'extraire cet instrument en "caoutchouc ondulé" destiné à drainer une cavité.

Une "faute" sans lien avec le décès

La requérante avait par la suite saisi la Commission de conciliation et d'indemnisation (CCI) des accidents médicaux de Bretagne pour être indemnisée de ses préjudices, mais elle était décédée entre-temps le 27 novembre 2018.

"Il résulte (...) du rapport établi (...) par l'expert (...) que c'est au cours de l'intervention chirurgicale (...) à l'HIA de Clermont-Tonnerre qu'une lame de drainage a été laissée dans son abdomen", constate le juge des référés du tribunal administratif de Renne dans une ordonnance en date du 18 août 2022 qui vient d'être rendue publique.

"La présence de cette lame de drainage, qui a été immédiatement enlevée (...), ne peut résulter que d'un manquement dans la mise en place du drain (...) ou d'une maladresse lors de son ablation", considère le magistrat.

Pour autant, cette "faute" est sans lien avec le décès de la patiente, estime-t-il : elle "ne peut être regardée comme ayant conduit à l'abandon définitif d'un essai clinique initialement projeté" dans la mesure où la patiente "présentait déjà un état de santé très délabré" et qu'il était "rétif à une chimiothérapie administrée depuis plusieurs mois".

Au final, seuls le mari et les deux fils de la patiente - alors âgés de 20 et 24 ans - seront indemnisés. Ses deux belles-sœurs, en revanche, ne toucheront rien : elles sont seulement "les sœurs de son époux", rappelle le juge, et non pas ses propres sœurs. Le tribunal administratif de Rennes réexaminera le dossier sur le fond d'ici plusieurs mois, cette fois-ci par le biais d'une formation collégiale de trois juges, et statuera cette fois-ci sur l'ensemble des préjudices définitifs de la famille.

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