Que vont devenir ces députés socialistes bretons sortis dès le premier tour ?

Clap de fin pour Patricia Adam et Viviane Le Dissez qui ne seront plus députées après les législatives 2017
Clap de fin pour Patricia Adam et Viviane Le Dissez qui ne seront plus députées après les législatives 2017

Viviane Le Dissez, députée (PS) sortante dans la circonscription de Dinan, Patricia Adam, dans la circonscription de Brest Centre ou encore Marie-Anne Chapdelaine dans la 1ère d'Ille et Vilaine ont été disqualifiées dès le premier tour des législatives. Elles vont devoir rebondir.

Par Sylvaine Salliou

Viviane Le Dissez a déménagé son bureau de député à Paris ce mardi 13 juin. Dimanche dernier, elle a été disqualifiée. Elle ne disputera pas le deuxième tour dans la 2ème circonscription des Côtes d'Armor à Dinan où elle avait été élue en 2012. "Il faudra désormais rebondir", dit-elle. 

Agée de 58 ans, Viviane Le Dissez est retraitée de la fonction publique. Elle travaillait au ministère de l'équipement et a arrêté en 2009, quelques mois après avoir été élue à la mairie de Plancoët. Il lui reste un mandat de conseillère municipale à Plancoët et celui de vice-présidente du syndicat départemental de l'énergie, elle ne prenait pas l'indemnité jusqu'à présent.

La défaite est amère


Elle explique que la pilule est difficile à avaler, par rapport aux futurs nouveaux élus de la LREM : "on n'aborde pas comme ça la politique, ça s'apprend, le service au public, ça s'apprend. Les nouveaux élus apprendront, dit-elle avec une pointe d'ironie, beaucoup sortent de grandes écoles".


Faire valoir ses droits à la retraite


Patricia Adam ne retournera pas à l'Assemblée, non plus. Si, pour régler le licenciement de ses cinq collaborateurs, deux à Paris et trois dans le Finistère. A 64 ans, l'ancienne députée de la 2ème circonscription du Finistère, de Brest centre, va faire valoir ses droits à la retraite, car "à la fin du mois, il n'y a plus rien", dit-elle.

Avant de commencer en politique, Patricia Adam était cadre dans le social et présidente de la société des régates de Brest. A 37 ans, elle a été élue au conseil municipal de Brest, aux côtés de Pierre Maille.

Je venais de la société civile


Patricia Adam explique que Pierre Maille avait mis le pied à l’étrier de personnes comme elle, "avant Emmanuel Macron". Elle a ensuite été élue au Conseil général du Finistère, puis à l'Assemblée nationale en 2002. Patricia Adam dit avoir été fortement sollicitée pour adhérer au parti d'Emmanuel Macron, elle a toujours refusé et paie cher sa fidélité au parti socialiste.

Tout le monde s'est fait laminer


Au lendemain de son échec aux législatives, elle, aussi va devoir rebondir : "bien sûr ce n'est pas agréable de perdre le combat, mais ce n'est pas mon bilan qui est remis en cause. Je n'aurais pas fait campagne, j'aurais fait le même score". Pour l'ancienne députée, c'est un tsunami qui a eu lieu dimanche 11 juin, "que ce soit à gauche ou à droite, ce n'est pas une question d'idées, d'idéologies, tout le monde s'est fait laminer".


Législatives : les résultats à Brest-Centre, 2ème circonscription du Finistère - France 3 Bretagne

Brest-Centre incarne la deuxième circonscription du Finistère. Les communes suivantes sont concernées : Brest-Bellevue, Brest-Cavale-Blanche-Bohars-Guilers, Brest Centre, Brest-l'Hermitage-Gouesnou, Brest-Kerichen, Brest-Lambezellec, Brest-Saint-Marc. La députée sortante est Patricia Adam, Parti socialiste. Cette dernière se voit éliminée après le premier tour. C'est Jean-Charles Larsonneur (LREM) et Pierre-Yves Cadalen qui arrivent en tête.




Elle craint que les électeurs se rendent compte tardivement qu'à l'Assemblée nationale, il n'y aura désormais que des inconnus, qui viennent de nulle part. Elle regrette aussi l'absence de débats d'idées, lors de cette campagne et accuse les médias de ne pas avoir fait leur travail. "Les citoyens sont déboussolés, ils ne savaient pas pour qui ils allaient voter".

En attendant, Patricia Adam va prendre des vacances.

Les députés battus ont droit à une allocation chômage

Les députés sortants, qu'ils soient battus dans les urnes ou qu'ils ne se représentaient pas, peuvent toucher une allocation chômage dégressive pendant trois ans maximum,
qui était peu demandée jusqu'alors. 

Les parlementaires de plus de 60 ans - 62 ans à partir de 2018 - peuvent toucher une retraite de la caisse de pensions des députés. Les fonctionnaires de moins de 60 ans retrouvent, eux, immédiatement leur emploi. Alors qu'ils étaient pendant leur mandat en situation de détachement et bénéficiaient des règles d'avancement, ils doivent se mettre désormais en disponibilité, régime moins favorable.

Pour les anciens salariés du privé avec au moins un an d'ancienneté, il existe une garantie de réintégration professionnelle, dans le même emploi ou un emploi analogue, mais seulement à l'issue d'un premier mandat. Après plusieurs mandats, ils bénéficient d'une priorité d'embauche. Dans les autres cas, pour ceux recherchant du travail joue "l'allocation d'assurance mutuelle différentielle et dégressive de retour à l'emploi des députés", dispositif spécifique alors qu'ils ne relèvent pas de Pôle Emploi. Cette allocation diminue avec le temps: 100% de l'indemnité parlementaire le 1er semestre (5.599,80 euros brut), 70% le 2e semestre, 50% le 3e semestre, ... jusqu'à 20% le 6e semestre. 

L'allocation est financée par les cotisations des députés eux-mêmes, à hauteur de 28 euros par mois - les parlementaires issus du secteur public contribuent donc pour ceux du privé. Le fonds recueillant ces cotisations est géré par la Caisse des dépôts et consignations.

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