Emploi : l'industrie peine à recruter en Bretagne

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L’industrie se porte bien en Bretagne. Les chefs d’entreprise bretons envisagent de recruter 17 000 personnes cette année. Le secteur emploie 160 000 salariés, c’est donc 10% de postes en plus, principalement dans l’agro-alimentaire et la métallurgie…

Par E.C & L.A



Le recrutement est devenu un vrai casse-tête pour les PME qui représentent 95% des entreprises industrielles en Bretagne. Selon l’Union des industries et métiers de la métallurgie (UIMM), 60 % d'offres sont très difficiles à pourvoir dans la région alors que cette dernière affiche une belle diversité, avec des entreprises qui se portent bien. 

Concrètement, 9000 emplois sont à pourvoir dans l'industrie agro-alimentaire, 5000 dans la métallurgie, la branche qui représente plus de 2000 entreprises et 54 000 salariés (de la navale à la cyber-défense, les machines agricoles, les énergies renouvelables etc...). 


Ces difficultés s'expliquent par plusieurs facteurs


Dans la région, les entreprises industrielles comptent moins de 20 salariés et elles sont jeunes, peut-être mal identifiées par les potentiels candidats qui se tournent plus facilement vers de gros employeurs comme Bolloré ou Naval Group. 

Le secteur souffre encore d'une mauvaise image, malgré le travail des professionnels et de leurs représentants ces dernières années. Autre raison : une faible mobilité. En Bretagne, 50 % des demandeurs d'emploi travaillent à - de 13 kilomètres de chez eux. 


Des entreprises qui recrutent


Ces entreprises sont pourtant pourvoyeuses d'emplois. Leur pyramide des âges entraîne des départs à la retraite d'où la nécessite d'embaucher. De nouveaux marchés se développent ainsi que de nouveaux métiers. L'industrie du futur voit par exemple l'arrivée de la conception assistée par ordinateur, l'impression 3D métal et des robots qui contrairement à ce que l'on peut penser ne remplacent pas l'homme et nécessitent de nouvelles compétences. 

Parmi les métiers demandés : les soudeurs, les chaudronniers mais c’est la mécanique qui manque le plus de bras avec des techniciens d’usinage, fraiseurs,  tourneurs. On peut aussi citer aussi le métier moins connu de piqueur/piqueuse en couture. 


Exemple de l'entreprise SDMO à Brest 


L'entreprise SDMO spécialisée dans la fabrication de groupes électrogènes à Brest représente 700 emplois. Elle cherche à embaucher en continu et manque de main d'oeuvre notamment du côté des ingénieurs. Pour pallier ce manque, les ressources humaines s'impliquent dans des partenariats avec les écoles pour capter au plus tôt les candidats, favorisent la mobilité interne pour le développement des compétences des salariés actuels. Des possibilités sont aussi offertes pour une reprise d'études chez les salariés qui le veulent. 
 

Du côté de la formation, les carences se font également sentir. Dans le Finistère, les entreprises ont cherché à recruter 400 apprentis entre mai et juin dernier.

La moitié seulement des postes a été pourvue. La filière s'est pourtant mobilisée notamment depuis un an, avec le développement du pré-apprentissage. Les élèves peuvent découvrir plusieurs métiers pendant 5 à 6 mois avant de se décider et bénéficier d'une remise à niveau si nécessaire, comme en mathématiques. 

A noter que le département est celui qui affiche une progression dans l'emploi industriel : + 23%. 

A défaut de trouver des candidats dans le vivier régional, les entreprises se tournent désormais vers l'emploi des personnes migrantes, notamment via le programme HOPE
 
 

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