Les ostréiculteurs dans le rouge : ils demandent un plan de sauvetage

La filière conchylicole bretonne a été durement touchée par la crise sanitaire. Avec la fermeture des restaurants et l'arrêt des exportations, les entreprises ont perdu près de 80 % de leur chiffre d'affaires. Les ostréiculteurs demandent un plan de sauvetage au gouverment.
A cause de la crise sanitaire, les ostréiculteurs ont perdu 80 % de leurs ventes
A cause de la crise sanitaire, les ostréiculteurs ont perdu 80 % de leurs ventes © France 3 Bretagne

"Les huîtres poussent et on est pressés de reprendre". Yvon Noblet est ostréiculteur sur la rivière du Bélon, dans le sud-Finistère. Si l'épidémie de Covid-19 n'a pas stoppé net le travail dans cette entreprise familiale, elle a, en revanche, eu un impact important sur la commercialisation des huîtres.
"On affiche une perte de 75 % de notre chiffre d'affaires, estime l'ostréiculteur. On a pu poursuivre un peu la vente directe à Trégunc, on a fait de la livraison aux particuliers. Mais c'est clair que, par rapport à la même période l'année passée, on est loin du compte".


"On demande à être exonérés de nos charges sociales"


S'il espère limiter la casse, Yvon Noblet sait aussi que "rattraper les mois de mai et juin, ce ne sera pas possible". L'homme constate aussi que ses huîtres "sortent du calibre habituel. Elles sont devenues très grosses car elles ont continué de pousser. Elles seront difficiles à commercialiser. En plus, ajoute-t-il, cela pose un problème d'organisation dans les parcs car elles ne laissent pas la place aux plus petites qui arrivent".

La fermeture des restaurants et marchés, l'arrêt des exportations ont frappé durement la filière conchylicole. Laquelle réclame aujourd'hui un plan de sauvetage au Premier ministre."On demande à être exonérés des charges sociales et de nos redevances domaniales, explique Josick Thaëron, du comité régional de la conchyculture Bretagne. Le président Macron a dit qu'il ne laisserait personne derrière, il doit donc nous donner un coup de main, comme il le fait pour le tourisme par exemple"

Cet ostréiculteur de Riec-sur Bélon parle d'une perte de trois quart des ventes pour la filière"On n'a pas eu de recettes, dit-il, mais il a bien fallu travailler car on a des produits vivants sur les parcs, qu'il faut surveiller et qui demandent des soins".

Il reconnait que certaines entreprises auront du mal à se relever, "alors qu'on avait un produit de bonne qualité. On a besoin d'aide pour pérenniser nos entreprises"
 
Le reportage de Claire Louet et Gwenaëlle Bron/France 3 Bretagne
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