Ouragan Irma : “on s'est senti abandonné” raconte un Breton

Les dégâts à Saint-Martin après l'ouragan Irma / © Pierre-Mickaël Ligavan
Les dégâts à Saint-Martin après l'ouragan Irma / © Pierre-Mickaël Ligavan

Pierre-Mikaël vit à Saint-Martin depuis trois ans. Originaire de Locronan, il raconte la situation sur place, les peurs, renforcées par le manque d'informations des autorités, qu'il continue de déplorer. Il quittera l'île vers la Guadeloupe, avant de rejoindre la Bretagne. 

Par Emilie Colin

Pierre-Mikaël vit à Saint-Martin avec sa femme et son fils depuis trois ans. Originaire de Locronan, ce traducteur libéral s'apprête à quitter l'île pour rejoindre la Guadeloupe, en avion militaire. Après la tempête des derniers jours, aussi bien dans le ciel que dans son cadre habituel il a hâte de retrouver sa famille sur place, avant de prendre un avion pour la Bretagne. Il ne sait pas encore s'il laisse Saint-Martin derrière lui, pour toujours. 

L'ouragan


Pour les habitants de Saint-Martin l'ouragan a commencé bien avant son arrivée. Il y a eu deux jours de préparation. "Lors du passage de l'œil, le vent a baissé. Puis à la sortie de l'œil, il a repris, les arbres ont cédé. Le matin lorsque l'on est sorti, l'ouragan a laissé place à un paysage de désolation. Les véhicules étaient jonchés de végétation. Les dégâts sont considérables, tout est à reconstruire." De son côté, la maison a bien tenu, à sa grande surprise, notamment la toiture. 

Dans son quartier l'élan de solidarité a été important. " Ce sont les habitants, je le précise, qui ont au départ déblayé les rues". 


La peur, faute d'un manque d'informations


Pierre-Mikaël raconte que le principal problème a ensuite été la venue d'un autre cyclone, José, prévu le surlendemain d'Irma. "Il fallait se re-préparer, avec la crainte d'un autre cyclone encore plus puissant" et d'ajouter "surtout on n'avait aucune information, les radios ne fonctionnaient pas, il y avait beaucoup de rumeurs. Finalement, le cyclone n'a pas touché l'île."

Parmi les bruits qui courent, les pillages. "Ils étaient réels" raconte Pierre-Mikaël, "on l'a vu, des commerces dévalisés par des bandes, en plus pour des choses qui ne servaient pas, de l'électronique etc... alors qu'on n'avait pas d'électricité."  


On s'est senti abandonné pendant quatre jours


Une forme de paranoïa gagne tout le monde constate t-il "on se transmettait des informations non vérifiées et qui divergeaient. Le doute était complet. Je me suis mis à me déplacer avec une machette. Les armes à Saint-Martin sont toujours très présentes". Cette paranoïa relève t-il, liée au manque d'information fait "qu'on adopte des solutions qui nous mettent en danger."  "Des gens auraient pu passer avec des mégaphones, dans les rues, pour nous expliquer ce qui allait se passer" insiste-t-il. 

Depuis, militaires et policiers ont été déployés, le calme est un peu revenu. 


"On abandonne tout"


Sa femme et son fils de 4 ans ont pu partir en avion avant lui, direction la Guadeloupe. Pour Pierre-Mikaël, ce n'est pas un "climat correct" pour un enfant en bas âge. En plus du manque de sécurité, les conditions sanitaires ne sont pas encore rétablies : "les poubelles ne sont pas ramassées, des cadavres sont découverts dans des ravines." 

La reconstruction de Saint-Martin s'annonce longue. La scolarité des enfants ne reprendra pas avant des mois. Saint-Martin c'est terminé ? Pierre-Mikaël ne peut pas se prononcer pour l'instant. Son travail nécessite des moyens de télécommunications. Pour l'instant, il part avec l'idée de tout abandonner. La Guadeloupe devrait être une étape de décompression, avant un retour en Bretagne. 





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