• FAITS DIVERS
  • SOCIÉTÉ
  • ECONOMIE
  • POLITIQUE
  • CULTURE
  • SPORT

Festival Théâtre à tout âge : la critique du maire de Quimper passe mal

Ludovic Jolivet maire de Quimper (UMP) / © AFP - F. Tanneau
Ludovic Jolivet maire de Quimper (UMP) / © AFP - F. Tanneau

« La Maison, ça ne m’a pas plu. » Depuis sa critique théâtrale lors du festival Théâtre à tout âge les commentaires ne cessent de pleuvoir sur les réseaux sociaux. Qu'importe, Ludovic Jolivet estime qu'il est dans son rôle « Nul ne devrait s’en étonner ou s’en offusquer.»

Par Marc-André Mouchère

La maison ? C’est le monde, en plus petit : une certaine façon d’arranger les choses pour être sûr de les retrouver à leur place… Et puis un jour, il y a une faille : c’est par là que la vie fait irruption, que les événements imprévisibles s’enchaînent et que la folie et la fantaisie se déchaînent. C'est par ces mots que le programme du festival Théâtre à tout âge présente LA MAISON, un spectacle chorégraphique de la compagnie Nathalie Pernette proposé aux spectateurs à partir de 6 ans.

 Mais Ludovic Jolivet n'a pas vu le spectacle de cet oeil là 

Ludovic Jolivet samedi 13 décembre à Quimper
Le maire de Quimper mécontent d'un spectacle du Festival Théâtre à tout âge

« Pour moi ça ne représente pas ce qu’est le théâtre en période de fête. Moi je veux bien qu'on s'adresse à des enfants de plus de six ans mais ce que j'ai vu c'est pas ça.  Alors on a le droit de présenter, et vous avez la possibilité de faire les ouvertures que vous voulez, mais moi qui suis le maire de cette ville, je vous demande de faire attention. Je veux qu’on ait un spectacle populaire, accessible, compréhensible par tous. Et je ne l'ai pas trouvé en tout cas pour cette première pour l'ouverture d'aujourd'hui. Mais n'empêche que le ton doit être donné dans cette direction là. C’est les consignes que je donne. »

Autour du maire on reste coi.

Certes La Maison ne raconte pas une histoire au premier degré mais chacun peut y trouver une interprétation ou se laisser porter par un spectacle chorégraphique qui à déjà touné à travers la France depuis sa création au Théâtre National de Chaillot en janvier 2009.

Sur le site Internet de la compagnie, Nathalie Pernette revendique plusieurs influences à l'origine de sa création : Le choc de la lecture de La Poétique de l'Espace de Gaston Bachelard, tout d'abord, et sa manière de révéler les espaces minuscules et clos, voire confinés, comme les boîtes et les tiroirs. Le plaisir toujours renouvelé de voir Der Lauf der Dinge, des plasticiens Fichli et Weiss qui remettent magnifiquement en scène le principe mécanique des "dominos". La scène savoureuse de la cuisine dans Mon Oncle de Jacques Tati, pendant laquelle M. Hulot se trouve aux prises avec quelques ustensiles (parfois) ultra modernes…

A tout cela Ludovic Jolivet serait-il insensible ? A-t-il pour autant raison d'être aussi tranchant ? Réactions :

La liberté de programmation est touchée.


Sur le site Coté Quimper les propos du maire font polémique. Bernard Le Noac’h, le directeur de Très Tôt Théatre organisateur du festival dit être resté d'abord sans voix. « La liberté de programmation est touchée. Il n’est pas obligé de tout aimer, mais il y avait 450 personnes dans la salle. J’accepte les critiques, une fois le festival terminé. Ce festival n’est pas programmé spécialement pour Noël, il aurait pu l’être à un autre moment dans l’année. Et puis parler d’élitisme, c’est choquant quand on sait que nous faisons un final avec des amateurs. J’ai reçu beaucoup de réactions, de familles choquées, mais également au niveau national, ce n’est pas uniquement Très tôt théâtre qui est visé. »

A son tour sur son site facebook Ludovic Jolivet réplique :

« il me paraît légitime que les associations qui agissent dans le cadre d’une convention avec la ville de Quimper, avec des aides financières importantes à la clef, aient à rendre des comptes à ceux qui les financent. Comment peut-il en être autrement ? Car, dans les faits, la ville confie à ces associations le soin de mettre en œuvre une politique publique. »

Le Maire se pose donc en juge de ce qui est bon et de ce qui ne l'est pas.




Dans son blog, Daniel Le Bigot (Europe écologie les Verts) tacle Ludovic Jolivet : « Le premier magistrat de la ville somme l'association Tres Tot Théatre de se mettre au diapason de ses désidératas en matière de propositions culturelles.  Lors de son discours d'inauguration du festival,  il a dit ne pas avoir aimé le spectacle « la maison » ce qui est son doit le plus élémentaire même si la manière de le dire aurait supporté un minimum d'élégance. Il va ensuite  plus loin,  mettant clairement en garde l'association «  MOI  qui suis le maire de cette ville.... JE VEUX  que l'on ait un spectacle populaire accessible compréhensible par tous [...] Comme il se plait à répéter que c'est celui qui paie qui décide, il n'y a qu'un pas pour qu'il se proclame à l'avenir  programmateur des spectacles en fonction de ce qu'il évalue comme bon ou pas bon. L'histoire nous apprend,  malheureusement  ce qu'il advient alors de l'individu et de la liberté lorsque le pouvoir impose ses choix en matière de culture... ». et de conclure par ces mots empruntés à  Abraham Lincoln... « Si vous trouvez que la culture coûte cher, essayez l’ignorance ».

Le festival  "Théâtre à tout âge" continue à travers tout le Finistère jusqu'au 21 décembre.

Sur le même sujet

Douarnenez, la plage du Ris interdite à la baignade

Les + Lus