Nageuse "défigurée" lors d'une épreuve en eau libre : "l'absence d'organisation" du Club nautique de Concarneau fustigée en appel

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Écrit par SG/CB (PressPepper)

La chambre des appels correctionnels de la cour d'appel de Rennes a rejugé ce mercredi 28 septembre 2022 le Club nautique concarnois, qui avait été reconnu coupable en première instance des "blessures involontaires" causées le 1er août 2020 à une nageuse percutée par un bateau chargé d'assurer la sécurité de la Concarn'eau Libre.

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La chambre des appels correctionnels de la cour d'appel de Rennes a rejugé ce mercredi 28 septembre 2022 le Club nautique concarnois, qui avait été reconnu coupable en première instance des "blessures involontaires" causées le 1er août 2020 à une nageuse percutée par un bateau chargé d'assurer la sécurité de la Concarn'eau Libre.

Pour rappel, il s'agissait à l'époque de la "première compétition post-covid" organisée par l'association au large du quai Nul. Un étudiant en médecine, bénévole de l'association, avait en fait aperçu "un nageur paraissant en difficulté" parmi les 93 participants et était allé lui porter secours dans la zone de nage puisqu’"aucun kayak ne se trouvait à proximité".

Entre 13h15 et 13h30, il avait alors percuté une participante, la blessant gravement à l'arrière de la tête et du visage : celle-ci avait dû être transportée en urgence à l'hôpital de Quimper. 

Cette mère de trois enfants présentait "des plaies multiples du visage", ainsi qu'une "fracture des os de la face", des fractures "dentaire" et "à l'arcade zygomatique". "Je suis défigurée", avait-elle d'ailleurs hurlé à son mari au téléphone.

Le bénévole n'aurait jamais du "se retrouver seul sur un bateau"

L'expert médico-légal, qui avait par la suite constaté "des troubles visuels, de l'équilibre, de l'odorat", avait en conséquence fixé une interruption totale de travail de 42 jours. 

A l'époque, le jeune bénévole de 21 ans avait été renvoyé devant le tribunal correctionnel de Quimper aux côtés des deux coprésidentes de l'association, Nathalie Quillevere et Gaëlle Istin, qui représentaient la "personne morale" de la structure associative. 

Le conducteur du bateau, "licencié depuis 2009 au club", avait écopé d'une "amende de 2.000 € avec sursis", tandis que l'association avait pour sa part été condamnée à "une amende de 10.000 € dont 5.000 avec sursis". Une condamnation dont seule l'association a fait appel. 

À l’époque, l'enquête avait permis d'établir que le bénévole n'avait "pas assisté au brief des bateaux" mais à celui "des kayaks" puisqu'il était "arrivé en retard". Il n'aurait pas dû, selon la réglementation imposée par la préfecture maritime, "se retrouver seul sur un bateau", et aurait dû être accompagné - au moins par une autre personne.

"Des injonctions contradictoires" faites au bénévole

Celle qui est désormais l'unique présidente de l'association, Gaëlle Istin, a pour sa part indiqué qu'elle devait "s'inspirer" du cahier des charges donné par la Ligue de Bretagne de natation, mais qu'il ne s'agissait "pas d'une obligation". "Ce n'est pas une loi, c'est une recommandation", a-t-elle insisté. 

Pour Me Anne Guillerme, l'avocate de la victime de l'accident, les explications données par la présidente de l'association ne sont "pas très rassurantes".

"Quand on vient nous dire que tout a été fait, ça veut dire que l'on reproduira la même chose la prochaine fois", s'est-elle inquiétée, ne voyant pas pourquoi "une dispense de peine" serait prononcée dans ce dossier "où le préjudice n'est toujours pas réparé" puisque des expertises sont toujours en cours.

L'avocate générale a d'ailleurs relevé les "injonctions contradictoires" faites au jeune bénévole, puisqu’"on nous affirme que le bateau devait rester fixe, à la bouée, [dans la mesure où il était seul], alors on ne comprend pas du tout pourquoi [le jeune bénévole] indique que la consigne donnée était d'intervenir s'il n'y avait pas de kayak à côté de quelqu'un en détresse".

L’amende requise pourrait "mettre en péril les finances de l'association"

"On s'aperçoit que c'est de l'approximation la plus totale, de l'absence d'analyse, de recul, de consignes claires et d'organisation", a-t-elle fustigé. En conséquence, la représentante du ministère public a réclamé une "aggravation" de l'amende prononcée en première instance à l'encontre du Club nautique concarnois. Elle a ainsi demandé que l'amende, jusqu'alors "en partie avec sursis", soit portée à "10.000 € ferme". 

De son côté, Me Laëtitia Debuyser, l'avocate de l'association sportive, a considéré qu'il n'y avait "aucune infraction pénale" dans ce dossier puisque les "instructions du préfet maritime" étaient "un document interne" qui n'a "pas de caractère réglementaire ou légal". Elle a en conséquence réclamé la relaxe, ou à défaut, une dispense de peine. 

La présidente de l'association a finalement fait savoir que si la cour suivait les réquisitions, alors "ça mettrait en péril les finances de l'association". Il pourrait avoir à "licencier un de ses deux salariés" pour faire face. La cour rendra sa décision dans un mois environ.

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