Football: le tour des pelouses dans l'Ouest

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Écrit par Hélène Pédech

Naturelle à Angers, synthétique à Lorient, hybride à Nantes et Guingamp. Les cinq clubs de football de l'Ouest ont fait des choix différents pour leurs gazons. Si la qualité du jeu en découle, le coût et l'entretien sont évidemment déterminants. Tour des stades.

Une pelouse de stade "c'est un vrai espace scénique". Karin Houari est stadium manager au Stade Rennais FC. En d'autres termes, c'est à lui que revient la lourde responsabilité d'assurer la bonne qualité du gazon du Roazhon Park. Un critère essentiel pour permettre aux joueurs d'assurer le spectacle.

A Angers: 100% naturel

Profitant de la dynamique de l'Euro 2016, bon nombre de clubs de Ligue 1 mettent à niveau la pelouse de leurs stades.
Ainsi, Angers, dernier arrivé, a profité de l'inter-saison pour se refaire une beauté. Le Stade Jean Bouin est désormais recouvert d'un tapis tout frais, tout vert. Rien que du naturel !

A Lorient: Des brûlures qui peuvent mettre plusieurs semaines à cicatriser

Rien à voir avec le synthétique de Lorient, certes moins coûteux à l'achat comme à l'entretien mais tellement décrié! Les Angevins se sont inclinés sur cette pelouse du Moustoir, le 12 septembre 2015. Selon l'entraîneur angevin, Stéphane Moulin, la qualité du gazon ne serait pas étrangère à la défaite de son équipe. "On n'a pas d'appui, il faut avoir l'habitude d'y jouer ce qui n'est pas notre cas, expliquait alors le coach, qui conclue: On s'y est bien adapté mais sur la durée, on a été pénalisé." Des critiques, que le synthétique de Lorient essuie régulièrement. Selon le gardien de but du FC Nantes, Rémy Riou, peu de gardiens apprécient cette surface, qui "brûle plus que l'herbe". Des brûlures qui peuvent mettre plusieurs semaines à cicatriser. 
Mêmes réserves de la part de Lionel Mathis, le capitaine d'En-Avant Guingamp qui constate que "ce ne sont pas les mêmes appuis, ni la même vitesse de balle, le rebond est différent. Le match n'est pas le même quand on va jouer là-bas".

Installée en 2010, cette pelouse synthétique fait aujourd'hui figure d'exception en Ligue 1, qui n'en compte que 2. D'ailleurs, en juin 2015, la Ligue de Football Professionnelle a exprimé le souhait de supprimer ce type de revêtement à l'horizon 2018-2019 (art.117)

Investissement: du simple au double

Reste que cette surface est bien moins onéreuse. "Initialement notre pelouse a représenté un investissement d'environ 960.000 euros, explique Marie-Christine Baro, adjointe à la politique sportive de la mairie de Lorient. Or là, en changeant, on pense qu'on arriverait à 1,5 M€ voire 1,8 M€. Sans compter le coût de fonctionnement qui passerait de 55.000 euros à 200 voire 400.000 euros. Autant dire que c'est une autre planète!"

durée de la vidéo: 03 min 26
Les pelouses des stades de foot de l'ouest à la loupe

A Nantes: "Un terrain parfait toute l'année"

En fait, en matière de "pelouse",  c'est l'hybride qui semble avoir la préférence des experts à l'heure actuelle. Un mélange de gazon naturel et  de fibres synthétiques, dont s'est équipé Guingamp, l'été dernier. Coût de l'investissement: quasiment 1,4 M€. Le pionnier dans ce choix, c'est Nantes. Le Stade de la Beaujoire en est pourvu depuis 14 ans et son terrain innovant fait aujourd'hui figure de référence. "Un terrain parfait toute l'année", selon Jocelyn Gourvennec, l'entraîneur d'En-Avant de Guingamp.

A Guingamp: chauffage intégré et leds pour la pousse

Pour mieux passer l'épreuve de l'hiver (froid, précipitations et manque de lumière), le stade du Roudourou à Guingamp a également prévu de dorloter son nouveau gazon. Un chauffage intégré se déclenche quand le mercure passe sous les 13]C. De son côté, une rangée de leds accélère la pousse de l'herbe.

Résultat: une très belle opération de Guingamp qui se propulse à la 2ème place au dernier classement des pelouses de la Ligue de Football professionnelle, juste derrière le PSG. Le Stade Rennais arrive en 4ème position et Nantes en 5ème tandis que Lorient et son synthétiques se retrouvent hors catégorie.

A Rennes: de la luminothérapie

En plus d'une tonte calibrée au millimètre, dont la précision n'aurait rien à envier à celle d'un jardin anglais, le tapis du Roazhon Park bénéficie de luminothérapie. Douze rampes comportant, chacune 21 lampes à sodium de 600 watts, offrent une cure de lumière sur la partie ombragée de la pelouse à raison de 18 heures par jour.

Une scène, donc, avec les feux de la rampe! Les acteurs-footballeurs n'ont plus qu'à être à la hauteur...