Venu de Russie, le "Blue Whale challenge" est récemment arrivé jusqu'en France, notamment à cause des réseaux sociaux. Il touche surtout les jeunes adolescents, notamment ceux âgés entre 12 et 15 ans.

Des défis de plus en plus extrêmes

Le principe de ce jeu morbide ? Le ou la participant(e) doit relever 50 défis donnés par un "tuteur". Les défis sont de plus en plus extrêmes - se scarifier, s'asseoir sur le rebord d'un toit, s'allonger sur les rails d'un train en pleine nuit - jusqu'au 50ème jour, où le participant doit se donner la mort. 

Dans les Hauts-de-France, à Saint-Omer, une jeune fille arrivée au dernier défi a été secourue in extremis alors qu'elle tentait de se pendre.

La prévention est la méthode la plus efficace face au phénomène

"Il y a une narration qui incite les jeunes à participer à une sorte d'aventure collective. Les adolescents émotionnellement fragiles sont plus susceptibles d'y prendre part" détaille François Rigaud, responsable de la ligne nationale net écoute (0800 200 000) dont la mission est de protéger les mineurs sur Internet.

Les gendarmeries du Morbihan et d'Ille-et-Vilaine ont publié sur leur propre page Facebook un message pour dissuader les adolescents de participer à ce challenge de la "baleine bleue" - dont le nom est censé faire écho à la croyance populaire selon laquelle les baleines bleues sont capables de s'échouer volontairement pour se laisser mourir - et alerter les parents ou proches.

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"La prévention est la méthode la plus efficace face au phénomène, il est nécessaire de parler ouvertement de cette problématique et de ces dangers à vos proches" indique la gendarmerie. Des dessins de baleine, des scarifications ou un renfermement d'un jeune sur lui peuvent être des signes indiquant une participation au challenge de la "baleine bleue". 

"On a reçu plusieurs appels de jeunes qui participaient au Blue Whale challenge mais aussi de parents, élèves ou enseignants inquiets. On leur apporte une écoute et une aide" raconte François Rigaud, qui ajoute qu'en 2016, "Net écoute a reçu deux fois plus d'appels concernant le cyberharcélement qu'en 2015. A cause des réseaux sociaux, il y a une décentralisation de la menace qui peut être reprise rapidement et largement".

Une intelligence artificielle testée par Facebook

Pour tenter de venir en aide aux personnes capables d’attenter à leur vie, Facebook a lancé le 1er mars dernier un dispositif particulier aux Etats-Unis. Une Intelligence Artificielle (IA) détecte les publications et commentaires préoccupants d'un utilisateur et peut ensuite lui adresser directement un message : "Est-ce que tout va bien ?" ou "Je m'inquiète pour toi".

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Pour rappel, la provocation au suicide est punie par la loi (5 ans d'emprisonnement et 75 000€ d'amende). Si vous craignez pour la vie d'un proche, contactez les services de Gendarmerie ou de Police (17) ou Fil Santé Jeunes, un service anonyme et gratuit accessible tous les jours de 9 h à 23 h au 0800 235 236.