Affaire Magali Blandin : les parents du suspect reconnaissent avoir aidé leur fils

Lors d'une confrontation avec leur fils, les parents de Jérôme Gaillard, mis en examen le 21 mars pour avoir assassiné sa compagne Magali Blandin, ont reconnu l'avoir aidé dans son projet criminel.

La confrontation a duré près de six heures. Mardi 12 octobre, Monique et Jean Gaillard ont revu leur fils, Jérôme, dans le bureau du juge d’instruction chargé de l’affaire du meurtre de Magali Blandin. C'était la première fois, depuis leur mise en examen en mars 2021 que ces trois-là, tous en détention provisoire, se revoyaient. 

Objectif : en savoir davantage sur le rôle qu'ont joué les parents dans la disparition de leur belle-fille. Le corps de cette éducatrice spécialisée de 42 ans et mère de quatre enfants, avait été retrouvé plus d'un mois après sa disparition, en février 2021, enseveli dans un bois près de Rennes.
 

Des parents manipulés ?

Selon trois sources proches du dossier, Monique, 72 ans et Jean Gaillard, 75 ans, ont reconnu avoir été informés du projet criminel de ce dernier avant Noël 2020. Selon ces sources, Jérôme Gaillard avait avoué à ses parents avoir mandaté des tueurs à gages géorgiens pour exécuter sa femme contre une somme de 20.000 euros.

Monique Gaillard, qui avait déjà fait des déclarations dans ce sens début septembre, a déclaré avoir versé de l'argent à son fils pour l'aider financièrement, tout en sachant que cette somme pourrait servir à mettre à exécution ce projet criminel. Jérôme Gaillard a expliqué de son côté avoir usé de chantage et manipulation psychologique à l'encontre de ses parents.

Ces derniers, des agriculteurs à la retraite sans antécédent judiciaire, sont mis en examen pour tentative de complicité de meurtre par conjoint et complicité de meurtre par conjoint.
 

Argent et alibi

Selon les trois sources interrogées par l'AFP, Jérôme Gaillard se montrait agressif envers ses parents, à qui il faisait peur. Ces derniers auraient agi sous son emprise,
et par peur de perdre un second enfant après le suicide de leur fils aîné dix ans auparavant, lui aussi en instance de divorce. "Ils ont longtemps espéré que leur fils ne passe jamais à l'acte mais ils ont perdu complètement le fil et n'avaient plus la possibilité de le faire revenir à la raison", a déclaré une source.

Selon une autre source, les parents et les enfants du suspect étaient au courant de la date du passage à l'acte. "Le père (du suspect, ndlr) a servi d'alibi en se rendant au domicile de son fils pour faire croire qu'il était chez lui alors qu'il exécutait sa femme", a-t-elle déclaré.

Interrogé par l'AFP, le procureur de la République de Rennes Philippe Astruc n'a lui, pas souhaité faire de commentaire sur la confrontation "sauf à rappeler" qu'il avait "dès le départ évoqué un complot familial".


 

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