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Dons d'ovocytes et de spermatozoïdes : encourager ce geste qui offre une nouvelle chance

Implantation d'un spermatozoïde sur un embryon / © ANNE-CHRISTINE POUJOULAT / AFP
Implantation d'un spermatozoïde sur un embryon / © ANNE-CHRISTINE POUJOULAT / AFP

En Bretagne, 119 enfants ont vu le jour grâce aux dons de gamètes (ovocytes ou spermatozoïdes). Cette démarche aide des familles inscrites dans un long parcours de procréation assistée. En Ille-et-Vilaine, Kelly a pu en bénéficier et invite les gens à ne pas avoir peur de donner. 

Par Emilie Colin

Chaque année, près de 3 500 nouveaux couples souffrant d’une infertilité médicale s’inscrivent dans un centre spécialisé pour espérer bénéficier d’un don de gamètes – don d’ovocytes ou don de spermatozoïdes. Du 2 au 26 novembre, une campagne de sensibilisation est lancée afin d'informer le public sur un geste de solidarité, gratuit et anonyme. 

Une seconde chance 


Le recours au don de gamètes apparaît souvent comme une nouvelle étape après un long parcours d’assistance médicale à la procréation qui n’a pu déboucher sur une grossesse. Du côté des couples, de nombreux questionnements surgissent et remettent en cause une certaine conception de la parentalité. 


Cela reste une cellule, un ovocyte tout seul ne fera jamais un enfant (Kelly)


En Ille-et-Vilaine, Kelly aujourd'hui âgé de 35 a eu recours à cette procédure. Après onze ans et d'autant de fécondations in vitro, elle s'est inscrite dans cette démarche et s'est vu placée sur liste d'attente en 2014, attente qui peut durer jusqu'à deux ans.

Elle aussi avait des questions qui la hantaient "je me demandais quel lien je pourrais créer avec mon bébé". Pour elle, tout est allé assez vite finalement "le don de gamètes c'est un peu donnant donnant. Si vous connaissez des gens autour de vous qui veulent donner, cela vous fait monter dans la liste. Dans mon entourage, trois personnes ont fait un don (on ne donne pas pour la personne que l'on connaît précise-t-elle). Au bout de six mois j'ai pu avoir recevoir des ovocytes."

Une fois enceinte, les craintes de Kelly se sont toutes envolées. C'est plus l'entourage qui commet parfois quelques maladresses, en voulant par exemple insister sur sa ressemblance avec son fils. On lui demande aussi si elle pense à la donneuse. Elle répond que oui. Souvent. "Si je la croisais, je lui serais éternellement reconnaissante. S'il y avait plus de gens comme elle ce serait formidable". 

Elle et son conjoint ne cacheront rien à leur enfant "il ne faut pas que cela soit un secret" estime t-elle. Pour encourager les donneurs elle dit simplement "je leur montrerais mon fils, ça n'a pas de prix." Elle regrette le manque d'information sur ce genre de don et les fausses idées qui circulent.

Dans la région Bretagne, 106 donneuses et 19 donneurs ont permis la naissance de 119 enfants. 106 donneuses ont permis à 153 couples de bénéficier d’un don d’ovocytes permettant la naissance de 43 enfants. 19 donneurs ont permis à 211 couples de bénéficier d’un don de spermatozoïdes permettant la naissance de 76 enfants. 

Les centres de dons en Bretagne


  • CHU de Rennes, Centre AMP, Laboratoire de biologie de la Reproduction - 16, boulevard de Bulgarie – BP 90347 35203 Rennescedex 2
  • Don d’ovocytes, Clinique Mutualiste la Sagesse - 112, rue Eugène Pottier immeuble ZN 35000 Rennes
  • Don de spermatozoïdes, CECOS Bretagne - Site de Brest, hôpital Morvan - 2, avenue du Maréchal Foch 29609 Brest cedex

Dons d'ovocytes et de spermatozoïdes en France : 5 choses à savoir

 

  • La démarche de don est aujourd’hui ouverte aux personnes n’ayant pas procréé. Depuis janvier 2016, il n’est plus nécessaire d’être déjà parent pour pouvoir devenir donneur de gamètes. Aujourd’hui les centres de dons peuvent accueillir toutes les femmes de 18 à 37 ans et les hommes de 18 à 45 ans en bonne santé. En ouvrant la possibilité de donner aux personnes sans enfant, la France cherche à augmenter le nombre de donneurs et de donneuses pour rajeunir leurs profils et pour répondre aux besoins de nombreux couples qui souffrent d’infertilité médicale. Les personnes seules, séparées ou divorcées, peuvent aussi donner des ovocytes ou des spermatozoïdes. À savoir : pour les personnes en couple, le consentement du conjoint(e) est obligatoire
  •  Les dons d’ovocytes et de spermatozoïdes sont réservés aux couples souffrant d’une infertilité médicale. Selon la loi française, le don d’ovocytes et le don de spermatozoïdes sont destinés à des couples composés d’un homme et d’une femme en âge de procréer, mais qui n’arrivent pas à avoir d’enfant. Le don vise alors à remédier à l’infertilité de l’homme ou de la femme qui a été diagnostiquée par des médecins spécialisés. Dans certains cas, les dons d’ovocytes ou de spermatozoïdes peuvent bénéficier à des couples pour lesquels il existe un risque de transmission d’une maladie génétique grave à leurs enfants.
  • L’anonymat est garanti pour tous : donneuses/donneurs, couples receveurs et enfants issus d’un don En France, les dons d’ovocytes et de spermatozoïdes sont anonymes : les donneurs et les donneuses ne peuvent pas connaître l’identité du couple receveur, et réciproquement. De la même manière, un enfant issu d’un don ne peut pas connaître le donneur ou la donneuse qui a permis sa conception. Cependant en cas de maladie grave et d’origine génétique diagnostiquée chez le donneur ou l’enfant, les médecins du centre de don peuvent servir d’intermédiaires pour transmettre des informations d’ordre médical, tout en préservant l’anonymat.
  • Les dons d’ovocytes et de spermatozoïdes sont des actes gratuits. Le caractère altruiste du don et l’absence de motivation financière sont des conditions indispensables pour devenir donneur/donneuse. Toute rémunération en contrepartie d’un don d’ovocytes ou de spermatozoïdes est strictement interdite en France. À noter : les donneurs et les donneuses bénéficient de la prise en charge de tous les frais (médicaux ou non) occasionnés par leur don.
  • Le don est librement réalisé, sans pression d’aucune sorte. Les donneurs et les donneuses signent un consentement écrit, sur lequel il est possible de revenir à tout moment et ce jusqu’à l’utilisation du don. Celui-ci est également signé par le conjoint(e), si la donneuse ou le donneur vit en couple. Les candidat(e)s au don sont informés par l’équipe médicale des conditions de réalisation du don, notamment sur les risques et contraintes liés à la stimulation et à la ponction ovocytaires.

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