Ille-et-Vilaine. Décès de Joseph-Jean Naviner, ancien de la deuxième division blindée

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Écrit par Emilie Colin
Joseph-Jean Naviner s'est engagé très jeune pour combattre les Allemands, lors de la Seconde guerre mondiale
Joseph-Jean Naviner s'est engagé très jeune pour combattre les Allemands, lors de la Seconde guerre mondiale © DR

Joseph-Jean Naviner est décédé vendredi 3 décembre 2021, à l’âge de 95 ans. Il s’était engagé à 17 ans dans la deuxième division blindée (2e DB) du Général Leclerc.

Joseph-Jean Naviner s'est éteint le 3 décembre à Montfort-sur-Meu où il était hospitalisé, à l'âge de 95 ans. 

Pendant la Seconde guerre mondiale, il s'est engagé, très jeune. D'abord comme secouriste, à l'âge de 16 ans. Il vit alors route de Lorient, à Rennes. Après chaque bombardement, il prend son vélo et vient constater les dégâts collatéraux. En 2013, il avait raconté ses souvenirs à une équipe de France 3 Bretagne.

A l'époque, c'est souvent la gare de triage de la ville qui est visée par les Alliés, pour paralyser le réseau ferroviaire. Sauf que parfois les bombes ne visent pas juste. 

Le 8 mars 1943, 10% des impacts toucheront leur cible, le reste à gauche, à droite. En bas, se déroule la fête foraine. "On est arrivés, le massacre était déjà fait. Les bombes étaient tombées, il y avait des cadavres un peu partout. Il s'agissait de ramasser les blessés le plus rapidement possible pour que les ambulances les envoient sur les hôpitaux".

La première chose que j'ai vue qui m'a interpellé c'est une masse humaine noire, qui était sur le sol. Quand je l'ai remis sur le côté, tous ses viscères sont sortis. C'est quelque chose que de ma vie entière j'ai toujours eu dans la tête.

Joseph-Jean Naviner

Le 19 mars, les obsèques des victimes ont lieu. L'archevêque bénit les corps, un souvenir très pénible se souvient Joseph-Jean Naviner en 2013. "Il y avait énormément de gens qui pleuraient, c'était la grande misère". 

Quand on est jeune, on se rebiffe. C'est une question d'honneur. Moi j'avais envie de me battre

Joseph-Jean Naviner

Il prend les armes à 17 ans

Quand les alliés débarquent un an plus tard, il s'engage dans la deuxième division blindée du Général Leclerc, contre l'avis de son père. "Mon père était Gaulliste, On écoutait Radio Londres, j'étais copain avec des Républicains espagnols, je savais que les Allemands fusillaient des Résistants, j'avais choisi mon camp", résumera-t-il.

Il libérera Alençon, Paris, la Lorraine puis l’Alsace. Il fera aussi la campagne d'Allemagne. "Nous étions 82 jeunes rennais. 39 ont donné leur vie...Mais aucun n'a regretté d'être parti".

"Refaire quelque chose, même à mon âge, je le ferai", disait-il. "La France est tellement belle, ça vaut le coup de se battre pour elle". 

Il avait un idéal et une vocation à perpétuer la mémoire de ses compagnons

Bernard Beaumanoir, vice-président du Souvenir français

Bernard Beaumanoir, vice-président du Souvenir français a bien connu Joseph-Jean Naviner. Ils étaient amis, du "même quartier". "C'était une personne très généreuse. Il avait la fibre patriotique et assistait à toutes les cérémonies où il représentait dignement ses camarades. Malgré tout ce qu'il a vécu, c'était une personne au grand cœur", souligne-t-il. Il détaille des états de service honorable. Il sourit en repensant à son ami qui "n'a jamais vieilli"

Les obsèques de Joseph-Jean Naviner seront célébrées mardi 7 décembre à 14 h, en l'église de Guitté, dans les Côtes d'Armor. Des personnalités civiles et militaires seront présentes. 

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