Rave de Redon : Médiapart a eu accès aux résultats de l'enquête et accable la justice

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Écrit par Alix Guiho

Jusqu'ici, seul un communiqué du procureur de la République de Rennes Philippe Astruc avait détaillé les résultats de l'enquête. Celui-là même qui a classé sans suite les plaintes du jeune homme ayant perdu sa main à cause d'une grenade. Médiapart révèle de nouveaux éléments sur cette nuit de violence du 19 juin 2021, à Redon.

Le journal d'investigation Médiapart a eu accès aux résultats de 9 mois d'enquête effectuée par le gendarmerie de Rennes. Il dénonce, dans un papier accablant, "l'usage disproportionné de la force" par les gendarmes, cette nuit du 19 juin 2021 à Redon et met en cause la responsabilité de la préfecture et le ministère de l'Intérieur. Médiapart accuse finalement la justice d'"enterrer" le dossier. 

Un dossier "enterré" par la justice 

Un dossier comprenant une main arrachée par une grenade dans une rave-party, une nuit d'une grande violence dénoncée par Amnesty International...  classé sans suite car le procureur de la République de Rennes, Philippe Astruc, a estimé que les violences commises cette nuit-là étaient "insuffisamment caractérisées". 

De nouveaux éléments 

Des SMS entre la préfecture et le ministère de l'Intérieur, des appels des jeunes aux pompiers tandis que leur ami vient de perdre sa main, des réponses de pompiers impuissants tant que les policiers n'arrêtent pas de charger... le journal révèle de nouveaux éléments pour le moins interpellants. Ils interrogent franchement la responsabilité de l'Etat et la décision du procureur Philippe Astruc, de classer sans suite cette enquête.

Alban, 22 ans, a perdu sa main ce soir-là, sans pouvoir être pris en charge par les pompiers tandis que des gendarmes blessés légèrement l'étaient. Aujourd'hui "détruit", il a dû, selon Médiapart, "renoncer à travailler dans un centre pour personnes handicapées où il venait d'obtenir un contrat" et s'apprête, avec l'aide de son avocat, Stéphane Vallée, à saisir un juge d'instruction.

Selon le témoignage anonyme d'un gendarme présent ce jour-là, qu'a recueilli France 3, "il y a eu un avant et un après". Depuis, en cas de rave, les ordres qui leur sont donnés se limitent à prendre contact avec les organisateurs, vérifier l'autorisation du propriétaire et de contrôler à la sortie.