60 suppressions de postes chez InterDigital, ex-Technicolor à Rennes. "Inacceptable pour un groupe en excellente santé"

Le groupe américain InterDigital a annoncé ce jeudi la suppression de 60 postes dans son laboratoire de Cesson-Sévigné, près de Rennes, racheté en 2019 au groupe français Technicolor. Un plan social jugé "inacceptable pour un groupe en excellente santé financière" disent les syndicats.

Le groupe américain InterDigital a annoncé ce 10 juin 2021 la suppression de 60 postes dans son laboratoire de Cesson-Sévigné, près de Rennes
Le groupe américain InterDigital a annoncé ce 10 juin 2021 la suppression de 60 postes dans son laboratoire de Cesson-Sévigné, près de Rennes © Capture Google Street View

Le groupe américain InterDigital a annoncé ce jeudi la suppression de 60 postes dans son laboratoire de Cesson-Sévigné, près de Rennes, racheté en 2019 au groupe français de services et de technologies pour les médias numériques Technicolor, selon la direction et les syndicats. "La direction du groupe vient d'annoncer aux représentants du personnel l'ouverture de la procédure légale pour un plan de suppression d'emplois massif de plus de 40% de l'effectif . C'est en l'état un plan au rabais", a dénoncé l'intersyndicale Sud-CFDT dans un communiqué de presse.

La direction a confirmé la suppression de 60 postes sur 180 ingénieurs-chercheurs. "Toute l'industrie de la post-production est en pleine crise avec le Covid", a déclaré un porte-parole à l'AFP.  Il a indiqué qu'InterDigital supprimait une partie des postes dans des "activités extrêmement intéressantes" mais qui ne correspondaient pas à son modèle économique et d'autres qui faisaient l'objet d'un contrat avec Technicolor. 

"Il y a eu des difficultés de paiement ces douze derniers mois. C'était une activité qui n'avait plus d'avenir pour nous" a ajouté ce porte-parole.


"Réorganisation brutale"

Les syndicats ont jugé ce plan social "inacceptable pour un groupe en excellente santé financière qui se vante d'avoir encore augmenté ses profits pendant la pandémie et qui a, par exemple, racheté sur ces cinq dernières années pour près de 380 millions de dollars (312 millions d'euros, NDLR) de ses propres actions dans le seul but d'en faire monter le cours".

"Ce comportement est inacceptable pour un groupe qui a bénéficié de l'argent public à hauteur de 12 millions d'euros de  Crédit Impôt Recherche en 2020", ajoutent-ils.
"Les salariés sont mobilisés pour faire échec à ce plan". Bertrand Chupeau, délégué syndical CFDT, a regretté une "réorganisation brutale qui tombe sans prévenir alors que l'entreprise présente d'excellents résultats".

La direction a assuré qu'aucun licenciement n'aurait lieu avant la fin du mois de septembre et que le laboratoire de Rennes demeurerait le plus important d'InterDigital dans le monde.

 

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