Disparition de Céline Vervaele à Rennes. "Je ne peux pas envisager le pire, c'est trop dur" témoigne son oncle

Céline Vervaele a disparu le 13 mars, à Rennes, sans emporter ni carte bancaire ni téléphone. Une information judiciaire a été ouverte pour "enlèvement et séquestration" le 1er avril. Depuis les Vosges, sa mère et son oncle viennent de se constituer partie civile. Témoignage. 

Un appel à témoins pour retrouver Céline Vervaele affiché à proximité de la Vilaine, où les enquêteurs ont perdu sa trace
Un appel à témoins pour retrouver Céline Vervaele affiché à proximité de la Vilaine, où les enquêteurs ont perdu sa trace © Eric Pinault /France Télévisions

"Tout ça, c'est pas logique". Christophe Rémy, l'oncle de Céline Vervaele, tourne et retourne tous les scénarios possibles dans sa tête. Sa nièce, disparue depuis le 13 mars à Rennes, reste introuvable. Dans les Vosges, d'où la jeune femme de 29 ans est originaire, la famille oscille entre espoir et désespoir. "Même si elle habite loin de nous depuis sept ans, elle donne des nouvelles, confie l'oncle. Alors, à moi moins qu'à sa mère évidemment, mais elle a l'esprit de famille. Elle a son frère régulièrement au téléphone, il est venu la voir en Bretagne".

Depuis le 1er avril, le parquet de Rennes a ouvert une information judiciaire pour "enlèvement et séquestration". "On nous a dit que ça allait permettre de donner plus d'ampleur à l'enquête, relate Christophe Rémy. Si c'est le cas, tant mieux".
 

 

"Je préfère l'incertitude au pire"

Christophe Rémy est le frère de la mère de Céline Vervaele. Pudique, il lâche toutefois que "les nuits sont courtes depuis un mois". Lui et sa soeur viennent de se constituer partie civile pour avoir accès au dossier. "On avait peu d'éléments jusque-là, la police ne nous disait pas grand chose mais elle fait son travail et c'est ce qui compte".

C'est le compagnon de Céline qui a alerté la famille. "Quand il a appelé, confie l'oncle, je n'ai pas pris la mesure tout de suite. Ma soeur était plus inquiète. Je lui disais "elle est partie respirer deux jours avec une copine, elle va revenir'. Pourquoi imaginer le pire à ce moment-là ?".

Le pire, il ne veut même pas y penser. Encore moins le nommer. "Je préfère l'incertitude au pire. Je ne peux pas envisager le pire, c'est trop dur". Christophe Rémy reprend les éléments de l'enquête un par un et contre-argumente. "Quand on veut disparaître volontairement aujourd'hui, qu'est ce qu'on laisse ? Sa carte bleue et son téléphone. C'est ce qu'elle a fait. J'essaie de me raccrocher à cette idée qu'elle a pris le large et qu'elle va revenir"

"Sa maman est très angoissée"

Cet homme, que l'on sent traversé par des émotions contradictoires, se dit aussi que si Céline Vervaele avait souhaité se couper du monde, elle pouvait le faire "sans se débarrasser de son portable. On n'est pas une famille oppressante. Elle aurait pu partir sans avoir besoin de le faire en cachette" remarque-t-il.

"Il n'y a pas de raison plausible pour que Céline soit partie comme ça, sans argent ni téléphone, relève Me Gérard Welzer, l'avocat de la mère et l'oncle de la jeune femme. Elle n'était pas en conflit avec sa famille. Sa maman est très angoissée. Ce n'est pas facile, cette situation où se mêlent espoir, angoisse et détresse".

"Il faut qu'on la retrouve"

L'oncle, qui vit du côté de Saint-Dié, décrit sa nièce comme "une fille indépendante, à l'esprit vif et ouvert, qui sait ce qu'elle veut et aime rigoler. Elle milite pour l'écologie, c'est d'ailleurs dans ce domaine qu'elle a étudié". Des études à Bordeaux, un voyage en Inde une fois diplômée et l'installation à Rennes où, selon Christophe Rémy, "elle est impliquée dans des actions pour l'environnement".

Il envisage de faire la route jusqu'en Bretagne. La mère de Céline Vervaele est arrivée à Rennes ce jeudi soir. "Il faut qu'on la retrouve, martèle l'oncle. C'est pas possible, il faut qu'on la retrouve".
 

 

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