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Don d'organes : Rennes s'intègre dans un nouveau protocole de prélèvement, une première en Bretagne

Des spécialistes dans de nombreux domaines chirurgicaux consulteront désormais à Ghisonaccia / © IP3 PRESS/MAXPPP
Des spécialistes dans de nombreux domaines chirurgicaux consulteront désormais à Ghisonaccia / © IP3 PRESS/MAXPPP

Le 22 juin marque la Journée nationale de réflexion sur le don d’organes. En Bretagne, le CHU de Rennes devient le premier établissement en Bretagne à intégrer un nouveau protocole de prélèvement appelé le Maastricht III.

Par E.C


"Rennes est pour l'instant le seul établissement en Bretagne qui pourra assurer des prélèvements dits de Maastricht III" explique le docteur Yves-Marie Guillou, adjoint au chef de service à l'Agence de biomédecine du grand ouest. Le CHU a récemment signé une convention qui lui permet d'entrer dans ce protocole lié au don d'organes.


Un prélèvement à "coeur arrêté" ou Maastricht III c'est quoi ?


En France, la prise en charge des donneurs décédés après arrêt circulatoire repose sur une classification, décidée lors d'une conférence internationale à Maastricht en 1995.

En majorité, les prélèvements ont lieu sur des donneurs à "coeur battant" ou en état de mort encéphalique. Le Maastricht III ouvre de nouvelles perspectives pour augmenter le nombre de greffons.

Le prélèvement d'organes dit Maastricht III est autorisé en France depuis 2014, sur des patients qui ont fait l'objet d'une limitation ou d'un arrêt de traitements. L'arrêt cardiaque du patient survient après l'arrêt des traitements (la ventilation artificielle...) et permet le prélèvement d'organes.
 

Ce type de prélèvement repose sur plusieurs facteurs :
 
  • le patient ne doit pas être inscrit sur le registre des refus (le consentement au don d'organes est présumé),
  • la phase agonique (le délai entre l'arrêt des traitements et l'arrêt cardiaque) et l'arrêt cardiaque lui-même ne doivent pas durer trop longtemps, afin que les organes ne soient pas altérés,
  • la réactivité et implication de la coordination des prélèvements et des équipes médicales sur place.

Dans ce protocole, le foie, les reins, le pancréas ainsi que les poumons sont concernés. La question se pose encore sur le coeur. Des expériences pilotes ont lieu en Australie et au Royaume-Uni indique le docteur Yves-Marie Guillou qui se veut prudent "le coeur une fois qu'il est arrêté, on craint davantage pour sa fonction chez le receveur".  

D'ici l'automne, Brest pourrait également intégrer ce protocole et Vannes en 2020.


Le don d'organes en chiffres


En 2018, 25 000 receveurs étaient inscrits sur liste d'attente dont près de 15 000 pour une greffe rénale. Plus de 600 personnes inscrites sur liste d'attente sont malheureusement décédées. 

5805 greffes ont été réalisées, dont 3567 pour des reins. 

1743 donneurs décédés et 541 donneurs vivants ont pu être prélevés. 

La moyenne d'âge des donneurs est de 58 ans. L'âge n'est pas un facteur limitant pour donner.


En Bretagne 


En 2018, 109 prélèvements ont eu lieu. 

144 greffes rénales réalisées à Rennes et Brest.

134 greffes de foie à Rennes.

21 greffes de coeur uniquement à Rennes.

La région affiche un pourcentage d'opposition (refus du prélèvement) de 22,6 % contre 30 à l'échelle nationale.

9 hôpitaux référencés pour le prélèvement d'organes : Rennes, Brest, Saint-Malo, Saint-Brieuc, Lorient, Pontivy, Vannes, Morlaix et Quimper.

 

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