• FAITS DIVERS
  • SOCIÉTÉ
  • ECONOMIE
  • POLITIQUE
  • CULTURE
  • SPORT

Enseignement supérieur : Marc Le Fur interpelle la ministre sur la formation “animaux et sociétés” de Rennes 2

Marc Le Fur questionne le gouvernement / © MaxPPP/Leon Tanguy
Marc Le Fur questionne le gouvernement / © MaxPPP/Leon Tanguy

Le député Marc Le Fur demande à la ministre de l'enseignement supérieur de préciser les conditions dans lesquelles des représentants des associations antispécistes L214 et One Voice peuvent intervenir dans la formation "animaux et sociétés" de l'Université Rennes 2.

Par Maylen Villaverde


Dans une question écrite adressée au gouvernement, publiée dans le JO du 21 mai 2019, le député costarmoricain Marc le Fur interpelle la ministre de l'enseignement supérieur, de la recherche et de l'innovation à propos du diplôme d'université "animaux et sociétés" proposé à Rennes 2 à la rentrée prochaine.
 

Demande d'explications sur l'approbation de la formation et des formateurs


Le député relève notamment que "parmi les intervenants figurent des représentant des associations antispécistes « One Voice » et « L214 » ou représentant de l'Association végétarienne de France, et aucun professionnel des filières animales ce qui dénote un parti pris affiché de cette formation"

Un peu plus loin dans le texte Marc le Fur dénonce le fait que ces associations ont recours à des actions illégales et à ce titre il demande à la ministre de "préciser les conditions dans lesquelles cette formation a pu faire l'objet d'une approbation par l'université ainsi que les conditions dans lesquelles les intervenants de ces deux associations ont pu être autorisés à dispenser des enseignements dans le cadre de modules de formation."

A ce jour la ministre de l'enseignement supérieur n'a pas répondu à la question.
 

"S'agit de faire l'apologie de ceux qui agressent les bouchers et les agriculteurs ?"


Interrogé sur les motivations de cette question au gouvernement Stéphane De Sallier Dupin, proche collaborateur de Marc le Fur et responsable de sa communication explique "nous vivons sur un territoire qui vit de l'emploi ouvrier des abattoirs  et un territoire d'élevage et de paysans qui font un travail de qualité en terme de bien être. La question est de savoir quel est l'objectif de cette formation sur notre terre bretonne ? Concrêtement quelle est la politique de l'université de Rennes et l'avis de la ministre sur la consommation de viande ? il faut nous dire s'il s'agit de faire l'apologie de ceux qui agressent les bouchers et les agriculteurs ?".

 

Le contenu de la nouvelle formation


Le Diplôme d'Université "Animaux et sociétés" est une toute nouvelle offre de formation qui ouvrira en septembre 2019.

Sur le site de l'Université de Rennes 2 on peut trouver sans difficulté les détails de la nouvelle formation "Animaux et sociétés" dispensée par l'UFR langues. Dans la présentation de ce nouveau diplôme universitaire (DU) mis en place à la rentrée 2019 on peut lire qu'il "vise à mettre en lumière les rapports que nous entretenons avec les autres animaux".  

La formation qui est prévue sur 77 heures s'adresse aux "enseignants, éducateurs, salariés des secteurs privés ou publics (culturel ou associatif)" ou encore aux "chargés de projets et de missions (condition animale, environnement, biodiversité)".

Le programme comprend différents modules:  "Sociologie du rapport à l'animal", "études animales", "éducation sensibilisation communication", "alimentation" ou encore "transition alimentaires vers un modèle plus végétal" . Parmi les intervenants on trouve effectivement deux personnes qui travaillent ou collaborent avec les associations One Voice et L214. Il s'agit d'Arielle Moreau, Avocate consultante One Voice et Dominic Hofbauer qui est "éducateur en éthique animale" pour L214.
 

Pour l'université la formation et ses intervenants participent au débat public


L'université de Rennes 2 a souhaité réagir aux propos de Marc Le Fur. Voici sa réponse:

"La question des rapports entre les êtres humains et les animaux s'impose de plus en plus sur les scènes associative, politique, scientifique et médiatique. L’intensification des débats autour de ce sujet montre que les représentants des filières animales n’ont pas l’apanage des savoirs sur la condition animale et qu’il est urgent que différentes disciplines s’en saisissent pour l’éclairer.

La formation que nous proposons est placée sous le double signe du pluralisme et de l’esprit d’ouverture.

Unique en France, son objectif est d'apporter un éclairage mobilisant principalement les sciences humaines et sociales. Dispensée par des enseignantes-chercheuses en sociologie, géographie, anglais, et en histoire des sciences, et par des professionnels du droit et de la protection animale, son contenu vise à faire état des avancées de la recherche sur les questions liées à la condition animale.

L’intervention des organisations L214 et One Voice s’inscrit dans cette volonté d'ouvrir et d'alimenter la réflexion avec des acteurs de la société civile.

Dès lors, et dans le cadre de la loi sur l’autonomie des universités, nous poursuivrons de plein droit notre mission de diffusion de la connaissance, et nous réjouissons d'apporter notre contribution au débat public."

Droit de réponse


"L'Association végétarienne de France, l'association ONE VOICE et l'association L214 entendent répondre aux propos de Monsieur Marc Le Fur, député des Cotes-d'Armor, et de son collaborateur, Monsieur Stéphane De Sallier Dupin, tels que rapportés dans l'article précité, publié le 23 mai 2019, et relatifs à la formation ".Animaux et Sociétés" proposée par l'Université Rennes 2 Monsieur Le Fur relève que parmi les intervenants figurent des représentant des associations antispécistes « One Voice » et « L214 » ou représentant de l'Association végétarienne de France», puis son collaborateur d'ajouter : « il faut nous dire s'il s'agit de faire l'apologie de ceux qui agressent les bouchers et les agriculteurs ».

Ces propos laissent penser que les intervenants des associations visées pourraient, dans le cadre de cette formation, dispenser un discours et une pensée validant les actes de violence à l'égard des bouchers ou des agriculteurs.A ces accusations graves, péremptoires et infondées, les associations rappellent qu'elles ont toujours inscrit leur action dans le dialogue, la communication et l'information et qu'elles n'ont, pas plus que leurs représentants, jamais encouragé, soutenu ou commis d'action violente Si Monsieur Le Fur est coutumier d'outrances verbales à l'égard des associations de protection animale, il s'attache ici à discréditer le contenu et les intervenants d'une
formation dispensée par l'université Rennes 2 .

Or, il est dans la mission des universités de proposer et de diffuser des savoirs et des connaissances sur des sujets et des évolutions ancrés dans le débat public.

La question de notre rapport à l'animal ne doit pas être confisquée par certains, et l'esprit d'ouverture doit animer les formations sans cesse plus nombreuses sur cette thématique. Les associations visées possèdent une expertise toute particulière et une légitimité éprouvée sur les relations -- souvent contradictoires- que nous entretenons avec l'animal.

L'animal, être vivant, sentant, doué de sensibilité doit être appréhendé par les sciences humaines, sociales et juridiques sous un angle nouveau, et en adéquation avec les aspirations contemporaines.

Les associations visées entendent que cessent les amalgames mensongers et diffamatoires proférés par ceux qui n'ont pas d'autres arguments à leur opposer.

L'existence d'opposition et de polémiques sur la consommation de viande ou les pratiques d'élevage ne saurait conduire Monsieur Le Fur ou son collaborateur à perdre toute prudence et toute mesure dans leur expression.
"






 

Sur le même sujet

« BOURGEON, Le romancier de la BD »

Les + Lus