Hôpital psychiatrique G. Régnier de Rennes : “un stress incompatible avec la disponibilité psychique due aux patients !”

Patients confinés, soignants exposés : le stress est palpable au sein de l'Hôpital psychiatrique Guillaume Régnier de Rennes.
Patients confinés, soignants exposés : le stress est palpable au sein de l'Hôpital psychiatrique Guillaume Régnier de Rennes.

Le Centre Hospitalier Guillaume Régnier de Rennes, établissement public de santé mentale, est en tension pour gérer la crise du Coronavirus. Manque de masques pour le personnel, soins à prodiguer avec des contacts rapprochés et malades confinés en forte angoisse. Le stress est général ! 

Par Catherine Jauneau


Avec en moyenne 600 lits occupés en hospitalisation et 2 500 agents, le CHGR Guillaume Régnier de Rennes n'est pas un hôpital général comme les autres. L'accueil des patients atteints de troubles psychiques y est particulièrement délicat au milieu de la tourmente de l'épidemie de coronavirus. Un hôpital en première ligne, qui va devoir faire face à la gestion de crise qui s'annonce dans les 15 jours à venir.

Alexandra Goulet, responsable CGT du CHSCT fait le point toutes les 48 heures avec la Direction de l'établissement qui s'y est engagée, pour remonter les inquiétudes de ses collègues. "Les personnels soignants veulent se protéger, pour eux, leurs familles et les patients. Nous faisons des soins rapprochés et nous manquons de masques !"

 

Pas d'accord avec la consigne concernant les masques


2 500 masques à ce jour. "C'est le même nombre que d'agents ! s'offusque Alexandra Goulet. Les consignes sont de porter des masques uniquement en cas de suspicion ou de cas avéré. Nous ne partageons pas cette consigne ! Il existe un stock de masques périmés datant de l'épisode de la grippe H1N1 de 2008, mais l'ARS en est propriétaire et la Direction n'a pas le feu vert pour nous les fournir à ce jour !" expliquait ce lundi matin la syndicaliste. 

Un appel qui semble en passe d'être entendu, puisque des masques devraient finalement être alloués à l'établissement en fin de semaine ou début de semaine prochaine.

"Côté renfort en personnel, en revanche, il n'y a pas de décision actée par la Direction dans les services de soins, techniques et logistiques sur l'hôpital" précise Alexandra Goulet. Pourtant, la demande est urgente selon elle, du fait de la tension qui règne et des mesures d'hygiènes supplémentaires à appliquer.

 

Des malades confinés : un risque accru pour eux et les soignants


Habituellement, les malades sont trois par chambre. Désormais, ils ne sont plus que deux pour limiter la proximité. Pour eux, dans les unités, une seule télévision dans la salle commune et de l'ennui. Car les promenades au sein de l'immense parc de l'hôpital ne sont autorisées qu'au compte-goutte sur décision médicale ou parfois en "accompagné".

Restent de petites enceintes extérieures closes et pas dans chaque unité encore. Les visites bien sûr ont été interdites.  Plus que tout autre, les malades sont confinés. Dans ce contexte, la situation est sous tension, avec une anxiété avérée sur une population fragile.

"Il y  a un risque majoré de passage à l'acte chez les patients alors que le personnel est surchargé de tâches pour pouvoir au mieux désamorcer les crises ! alerte Alexandra Goulet.


La mise en place d'une unité de 15 lits en psychiatrie, réservée aux patients atteints de coronavirus, pourrait être mise en place sur site. La décision est en attente. 
 

 

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