Jeune cycliste décédée à Rennes : son père porte plainte contre la maire et le président de la métropole

Joël Lochin, le père de Grâce, cette cycliste de 22 ans décédée dans un accident en novembre dernier, a décidé de porter plainte pour homicide involontaire contre la maire, Nathalie Appéré et le président de Rennes métropole, Emmanuel Couet.

© La cycliste et le camion circulaient sur l'avenue de Rochester en direction du boulevard d'Armorique à Rennes / © Capture Google Street View

C'était le 4 novembre 2019. Ce jour-là, Grâce Lochin, une jeune cycliste de 22 ans, est décédée dans une collision avec un camion, au carrefour entre l’avenue de Rochester et le boulevard Patton, à Rennes. Son père a décidé de déposer plainte auprès du procureur de Rennes, contre la maire, Nathalie Appéré et le président de Rennes métropole, Emmanuel Couet.
 

"Un aménagement de la ville défectueux"
 

"Il y a évidemment une part de responsabilité du conducteur du camion explique Stéphane Babonneau, l’avocat de Joël Lochin, mais il y a également un aménagement qui est défectueux". Son client regrette, qu'à ce carrefour entre l’avenue de Rochester et l’avenue du Général Patton, comme dans d'autres endroits de Rennes, la piste cyclable s'arrête et dirige directement les cyclistes vers un terre-plein, "ce qui présente un danger", selon lui. 


Points noirs dans la ville : danger pour les cyclistes


Par la voix de son avocat, le père de la jeune fille fait également savoir que ce problème de discontinuité des pistes cyclables n’est pas nouveau : "il a été identifié en 2015, aussi bien au niveau de la ville que de l'agglomération. Et ces problèmes n’ont jamais été traités", regrette-t-il.

Selon l'avocat, "les citoyens n’ont pas le pouvoir de faire disparaître un terre-plein au milieu d’un carrefour, ce sont les responsables des exécutifs qui ont la compétence juridique pour traiter ces problèmes-là et en l’espèce le père de Grâce estime que cette défaillance a été commise au niveau des personnes physiques qui ne peuvent pas dire que ce problème n’a jamais été identifié". 

Stéphane Babonneau, avocat


Le carrefour n'a pas été modifié depuis l'accident


Depuis l’accident, le père de Grâce va régulièrement fleurir le monument qui a été érigé à l'endroit où sa fille est décédée. Son avocat regrette que ce carrefour n’ait pas été modifié.

Charles Levillain, président de Rayons d'action, regrette également qu'aucune modification n'ait été apportée sur le carrefour : "les élus disent qu’une enquête est en cours, mais ce n’est pas recevable". Il respecte la décision de la famille et espère qu’elle permettra de faire accélérer les choses :"Ce problème a été évoqué à plusieurs reprises, confirme-t-il. Nous sommes conscients qu’il y a une volonté politique des élus à Rennes, mais ça ne va pas assez vite".

 

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