Justice : interpellés lors du “Block Friday“ à Rennes, deux militants pour le climat contestent ”s'être rebellés”

© GLM/F3 Bretagne
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Interpellés fin novembre pour avoir bloqué les Galeries Lafayette et refusé l'évacuation, deux militants étaient convoqués ce jeudi au tribunal. Ils n'ont pas accepté la peine d'intérêt général proposée par le délégué du procureur. Et peuvent très bien désormais se retrouver en correctionnelle.
 

Par Gilles Le Morvan

Les deux militants écologistes avaient été interpellés fin novembre lors du « Block Friday », une opération nationale à l’appel des organisations "Youth for Climate" et "Extinction Rebellion", visant à dénoncer la surconsommation. Avec d’autres militants, ils avaient bloqué l’accès aux Galeries Lafayette, et refusé d'évacuer.  

"Le 29 novembre, explique Antoine Piron, convoqué ce jeudi au tribunal de Rennes, l’objectif était de dénoncer l’absurdité du Black Friday. On matraque les consommateurs à coups de pub pour les inviter à acheter toujours plus. Mais on ne les éclaire jamais sur les effets pervers de leurs actes, de l’impact dévastateur que cela peut générer pour la planète qui n'a pas besoin de çà;"  

"Alors on a bloqué ce magasin, pour sensibiliser la population, ajoute le jeune activiste. Les forces de l’ordre sont intervenues. Il y a eu sommation. J’ai refusé d’évacuer, je me suis allongé sur le sol. J’ai été interpellé et placé en garde à vue quelques heures".
 


"Nous reconnaissons l'attroupement, mais pas la rebellion" 


Un mois et demi plus tard, Antoine et son collègue Amaury étaient donc convoqués au tribunal à Rennes. « Pour une composition pénale, une procédure qui permet d’éviter l’engorgement des tribunaux", explique leur avocate Me Pauline Kerloegan

Dans ce cadre, "le délégué du procureur leur a proposé d'accomplir un travail non rémunéré au profit de la collectivité, une peine d'intéret général, détaille l'avocate, qu’ils pouvaient accepter, ou refuser. Ils ont refusé le principe de la peine, car ils contestent une partie des faits reprochés"  

« En fait, nous reconnaissons l’attroupement, explique Antoine Piron, mais pas la qualification de rebellion. C’était un acte de désobéissance civile, mais non-violent. Il y a déjà suffisamment de violence dans la société. Vouloir faire avancer nos idées en usant à notre tour de la violence ne ferait que reproduire le système. Ce serait incohérent. Nous sommes restés non-violents. »

Du coup, "c'est désormais au procureur de trancher, conclut Me Kerloegan. Il peut classer, mais la convocation en correctionnelle reste probable. Ce qui nous permettra d'étayer notre défense en développant nos arguments lors de débats contradictoires". 


 

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