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Les incendies dans le centre-ville de Rennes : une prévention permanente

Si l'incendie mortel de ce lundi, rue Poulain-Duparc, n'est pas situé dans le centre historique de Rennes, il rappelle toutefois que la ville, comme d'autres en Bretagne, a connu son lot de drames. Les immeubles et leurs histoires y obligent à une vigilance accrue. 
© France 3 Bretagne
En 1994, lors de l’impressionnant incendie du Parlement de Bretagne, trois lances à haut-débit étaient uniquement chargées d’arroser les façades voisines. Toute la nuit, des pompiers patrouillaient alentours pour repérer d’éventuelles propagations.

Et pour cause : cela peut aller très vite. Des maisons à pans de bois, des cours ou ruelles étroites, et pour compliquer encore l’intervention des pompiers, des habitations qui s’imbriquent d’un immeuble à l’autre à force de réaménagements. Un cocktail rendu plus inflammable encore par les multiples bricoles entassées dans les cours, en attendant un hypothétique et ultime voyage en déchetterie. "Les couloirs ne doivent pas servir à entreposer quoi que ce soit" rappelle le Lieutenant-Colonel Pascal Bergot, "c'est un facteur de départ de feu, mais surtout cela empêche l'évacuation des habitants".

L’incendie mortel de ce lundi matin, rue Poulain-Duparc, n’est pas à proprement parler dans le secteur historique, mais rappelle des précédents dramatiques.

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Rue d’Orléans en 2007, un incendie mortel est provoqué par une personne alcoolisée, qui avait mis le feu à des cartons entreposés au rez-de-chaussée. Rue Saint-Michel, trois ans plus tard. un important incendie le jour de la fête de la musique n’avait pas fait de victimes. Mais un départ de feu sous les combles s’était propagé à cinq immeubles à pans de bois. Deux d’entre eux menaçant de s’effondrer.

Le dernier en date remonte à mars dernier, rue des Tuileries, dans une savonnerie. L'intervention des pompiers avait été rendue difficile à cause de l'étroitesse de la rue. Seuls des petits véhicules avaient pu approcher des lieux du sinistre.

Une prévention renforcée


Depuis 2007 et l'incendie de la rue d'Orléans, les actions de prévention auprès des habitants se sont renforcées. La question de l'occupation des cours et des couloirs, par les bacs à poubelles, notamment, est l'objet d'un rappel à l'ordre récurrent par la municipalité. La ville de Rennes a engagé une politique de réhabilitation des logements anciens. A chaque projet les pompiers interviennent pour le volet prévention. "Nous leur demandons de privilégier une matière minérale pour le revêtement des parties communes car les bois comme le lambris ont un fort potentiel calorifique" explique Pascal Bergot, "l'isolation et le compartimentage entre les appartements est également à renforcer dans ces logements anciens".

Les pompiers, de leur côté, ont entamé en 2013 un "atlas des risques". Des cartes dans lesquelles sont répertoriées avec précisions les accès, les matériaux de chaque immeuble des secteurs les plus sensibles du centre-ville. Une opération, suivie de simulation, qui avait été initiée à Saint-Malo, et qui s'est poursuivie à Vitré. Une telle cartographie est en cours d'élaboration à Fougères.

Un incendie dans le centre historique de Vitré avait fait une victime en 2011. Comme à Fougères, des immeubles à pan de bois sont un facteur de propagation rapide des incendies.
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