Manifestation contre la Loi Travail : un policier rennais mis en examen pour avoir frappé un syndicaliste en 2016

Le 31 mai 2016 pendant la manifestation contre la Loi travail. C'est ce jour-là qu'un syndicaliste aurait été frappé à terre, par un policier. / © PHOTOPQR/OUEST FRANCE/MAXPPP
Le 31 mai 2016 pendant la manifestation contre la Loi travail. C'est ce jour-là qu'un syndicaliste aurait été frappé à terre, par un policier. / © PHOTOPQR/OUEST FRANCE/MAXPPP

Un policier, responsable de la Compagnie départementale d'intervention de Rennes, a été mis en examen pour violence par personne dépositaire de l'autorité publique pour avoir frappé un syndicaliste lors d'une manifestation en 2016, a-t-on appris de sources concordantes.

Par AFP


Le policier rennais est suspecté d'avoir frappé un membre du syndicat Sud Santé sociaux alors qu'il était à terre, lors d'une manifestation contre la loi Travail le 31 mars 2016. Une vidéo amateur, filmée depuis un balcon, montre en effet deux policiers frappant de plusieurs coups de pieds et de matraque la victime à terre. "Sur les deux auteurs, on n'en a qu'un seul. Bizarrement, personne n'est capable d'identifier le deuxième", a commenté Me Olivier Pacheu, avocat de la victime.
 
Une enquête ouverte par le parquet de Rennes avait été classée sans suite en mai 2017 "après analyse des textes et de la doctrine d'emploi de la force". Le syndicaliste avait alors déposé plainte avec constitution de partie civile. Le policier a été mis en examen et le juge d'instruction a notifié la fin de l'information aux parties le 24 septembre, délai à partir duquel le parquet dispose en théorie de trois mois pour adresser ses réquisitions, aux fins de non lieu ou de renvoi en correctionnelle.  

"Le fonctionnaire de police prendra ses responsabilités s'il doit les prendre", a déclaré à l'AFP Frédéric Birrien, avocat du policier, en évoquant un "maintien de l'ordre particulièrement tendu et difficile". "Le juge devra estimer si les coups étaient légitimes, proportionnés et chronologiquement nécessaires", a-t-il ajouté.
 

Poursuivi pour violences sur personne dépositaire de l'autorité publique à la suite de cette manifestation, le syndicaliste retraité, âgé de 65 ans, avait été relaxé pour ces faits en appel. Il avait en revanche été condamné à 600 euros d'amende pour "participation avec arme à un attroupement" et "refus se soumettre à un prélèvement ADN".

Interrogé, le parquet de Rennes n'a pas fait de commentaire.
 

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