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Prison avec sursis pour les deux voleurs de singes de la station de Paimpont (22)

Ces deux femelles "mones de Campbell" ont été volées en juin 2017 à la station biologique de Paimpont de l'Université de Rennes 1 / © Station biologique de Paimpont Université Rennes 1
Ces deux femelles "mones de Campbell" ont été volées en juin 2017 à la station biologique de Paimpont de l'Université de Rennes 1 / © Station biologique de Paimpont Université Rennes 1

Les deux jeunes prévenus qui avaient volé les petits singes de la station biologique de Paimpont (35), le 2 juin 2017, ont été condamnés mercredi à six et huit mois de prison avec sursis par le tribunal correctionnel de Nantes. L'université de Rennes 1 a vu sa demande d'indemnisation rejetée.

Par Hélène Pédech avec Press Pepper

Deux jeunes hommes de 22 et 21 ans, originaires de Saint-Sébastien (Loire-Atlantique) comparaissaient, mercredi, devant le tribunal correctionnel de Nantes. Ils étaient accusés d'avoir volé, le 2 juin 2017, deux singes femelles Mones de Campbell. Les deux animaux étaient hébergés au centre de primatologie de la station biologique de Paimpont (Ille-et-Vilaine), qui dépend de l'université de Rennes 1.
 

Demande d'indemnisation rejetée


Les deux jeunes prévenus ont été condamnés à six et huit mois de prison avec sursis. 
L'université de Rennes, propriétaire des installations, a vu en revanche sa demande d'indemnisation rejetée par les juges nantais. Son préjudice a pourtant été évalué à "130.000 €", selon le procureur de la République.

La présidente du tribunal a justifié la clémence des peines par les casiers judiciaires pratiquement vierges de Manuel Cortes et Ritchy Delorme à l'époque, même si ceux-ci se sont étoffés entre-temps. Ritchy Delorme est d'ailleurs actuellement en détention provisoire dans le cadre d'une enquête pour d'autres "vols" commis postérieurement.
 

Par une trappe d'aération


Les deux jeunes étaient passés le jour des faits par une trappe d'aération du centre scientifique pour s'emparer de ces deux "Mones de Campbell", une espèce protégée en voie de disparition.
 

Guidés par un "témoignage anonyme extrêmement bien renseigné", les gendarmes avaient retrouvé la trace des deux primates sur une aire de gens du voyage à Vertou (Loire-Atlantique). Les deux hommes espéraient alors les vendre 1.000 €, mais s'étaient vite aperçus que cela "ne se vendait pas si bien que ça", selon les aveux de l'un des prévenus.

 

Un singe mort, l'autre disparu



L'un des Mones de Campbell avait finalement été retrouvé dans la salle de bains d'une famille de Challans (Vendée), après s'être échappé des mains de ses voleurs. Il était décédé quelques jours après : victime d'une "contention violente" lors de sa capture, selon un expert, il avait attrapé un virus suite à son vol. La nourriture "inadaptée" qu'il avait reçue lors de sa cohabitation avec un lapin avait aussi été mise en cause. Le second petit singe, quant à lui, n'a jamais été retrouvé.

 

"Des années de travail scientifique détruit (...) par l'appât du gain"



Le principal prévenu ne s'est d'ailleurs pas déplacé à l'audience pour s'expliquer sur ces faits, et son complice les a niés en bloc.

"Un plan important sur plusieurs années avait été mis en place par les scientifiques, et tout leur travail a été mis à bas par le vol de ces deux individus, guidés par l'appât du gain", a fustigé pour sa part le procureur de la République.

Le complice a été condamné au passage à huit autres mois de prison avec sursis pour le vol d'un coffre-fort commis le 20 mai 2017 - soit dix jours avant le vol des petits singes - chez une septuagénaire de la Haye-Fouassière (Loire-Atlantique).


 

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