Procès en appel de l’accident de Saint-Médard-sur-Ille : “Nous ne cherchons pas une justice compassionnelle”

La cour lors du procès en appel de la catastrophe ferroviaire de Saint-Médard-sur-Ille / © E. Pinault - France 3 Bretagne
La cour lors du procès en appel de la catastrophe ferroviaire de Saint-Médard-sur-Ille / © E. Pinault - France 3 Bretagne

Pour la troisième journée du procès en appel de l’accident de Saint-Médard-sur-Ille, les victimes qui le souhaitaient ont pu à nouveau témoigner. L’après-midi a été consacrée aux plaidoiries des parties civiles.

Par E.C

La troisième journée du procès en appel de la collision mortelle de Saint-Médard-sur-Ille s’est tenue ce 25 septembre. La matinée a permis de ré-entendre les victimes dont certaines ont pris la parole pour la première fois.

L’après-midi, les avocats se sont succédés pour les plaidoiries des parties civiles. "Lorsque la défense est unie elle est organisée. Nos prises de parole aborderont des idées différentes." a indiqué Maître Glon lors de son intervention.

Les avocats s’entendent sur les fautes et la responsabilité du conducteur du poids lourd. "Les questions concernant Monsieur Chauvet ont obtenu des réponses claires, constantes, depuis ce fameux jour d’octobre 2011. Il n’a pas varié dans ses déclarations, n’a pas éludé ses responsabilités et il a permis grâce à cette attitude à certaines des parties civiles d’avancer dans leur parcours difficile depuis cette tragédie ferroviaire." relève Maître Larue tandis que son confrère Maître Chemla ajoute : "Il ne m’intéresse pas. Ce qui m’intéresse ce sont les éléments structurels." en évoquant le rôle de la SNCF. "C'était la chronique d'un accident annoncé. Les usagers se demandaient quand ça allait recommencer" souligne Maître Talburdet. 

La dimension collective de l’accident a également été évoquée. "Tout le monde a parlé de soi mais aussi des autres, avec le sentiment de la douleur des autres et de l’urgence d’être considéré, d’être respecté." insiste Maître Glon. 

La position de la SNCFest revenue au centre des débats notamment quand à sa responsabilité à assurer la sécurité de ses passagers. Et sur son attitude : "Le discours de la SNCF est ambivalent. Certaines victimes ont été en contact direct avec Monsieur Pepy (président de la SNCF) qui leur a promis des indemnisations rapides. Elles attendent toujours."


Plusieurs victimes demandent la ré-évaluation des indemnités, certaines à hauteur de 50 000 euros par personne. 

"Nous demandons la confirmation du jugement. Nous ne cherchons pas une justice compassionnelle." revendique Maître Cartron. 

La compassion opposée à la raison


"Ne rentrez pas dans cette compassion." prône Maître Berthault, représentant de la SNCF mobilité et réseau pour la partie civile, car la SNCF a subi un préjudice matériel, causée par le chauffeur du camion (destruction de la rame, travaux sur la voie, exploitation...). "Je demande à ce que Mr Chauvet soit déclaré totalement responsable". Il déclare : "La SNCF était en conformité totale aux normes de l'époque. De même pour l'attitude du conducteur du train qui était dans sa vitesse réglementaire." 

La journée de jeudi sera consacrée aux plaidoiries de la défense et aux réquisitions. Mardi, Maître Valent, avocat de SNCF Mobilités estimait : "La SNCF n'a commis aucune faute dans cet accident. En réalité, si vous revenez sur le comportement du chauffeur de ce convoi exceptionnel, vous avez un comportement à la fois aberrant et infractionnel. Il est la cause exclusive de cet accident. 
 

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