Rennes : cinq ans après les faits, un ancien drogué définitivement relaxé des accusations d'homicide involontaire

© PHOTOPQR/OUEST FRANCE/MAXPPP
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La cour d'appel de Rennes a confirmé la relaxe d'un homme accusé d'homicide involontaire à Redon, en septembre 2013. 

Par PressPepper


L'ancien toxicomane est définitivement reconnu innocent, alors qu'il avait toujours nié avoir fourni des produits à un jeune homme qui avait fait une overdose dans sa maison du centre-ville. Le tribunal correctionnel de Rennes avait déjà prononcé une relaxe en 2014 mais le parquet avait fait appel contre cet homme qui s'inscrivait à l'époque dans le milieu des héroïnomanes redonnais.  L'homme âgé de 45 ans aujourd'hui, se faisait prescrire de la méthadone et en revendait occasionnellement à des connaissances.

Le matin du 1er septembre 2013, un homme était retrouvé mort par son frère à son domicile. Ce dernier avait sorti le corps du défunt dans la rue, "pris de panique", et avait pratiqué un massage cardiaque sur le trottoir en attendant l'arrivée des secours qui avaient constaté le décès de la victime. L'homme est mort d'une overdose de méthadone, avaient conclu les médecins.


Le prévenu a toujours nié les faits

Cinq flacons étaient retrouvés dans l'appartement de la victime, portant son ADN et celui de son frère. Un sixième flacon, retrouvé dans la poche de la victime, portait l'ADN du prévenu. Ce dernier avait toujours nié avoir vendu ses flacons. Il aurait été victime d'un vol les jours précédents, mais "n'avait pas porté plainte sachant que la police aurait pu s'intéresser à son trafic occasionnel".

Le frère de la victime avait expliqué aux enquêteurs que la veille du décès, il avait passé la soirée avec son frère, puis l'avait quitté pour aller en discothèque. A son retour vers 9 h du matin, il avait trouvé son frère inanimé, des flacons de méthadone à ses côtés. L'avocate de la défense dénonce à l'audience d'appel "une enquête complètement bâclée". En effet, personne ne s'était intéressé à l'époque aux "déclarations divergentes du frère de la victime, pompier volontaire, qui avait agi à l'encontre de tous les protocoles de secours en sortant son frère dans la rue".


Le frère de la victime mis en examen

A l'issue du jugement de relaxe prononcé par le premier tribunal, une information judiciaire avait finalement été ouverte après réception d'une lettre anonyme où un homme s'accusait de la mort du jeune homme. Une toute autre version de l'affaire se dessinait alors. 

La victime, son frère et trois copains avaient passé la soirée ensemble. L'un des invités avait sorti les flacons de méthadone et la drogue avait été mélangée à de la vodka, que tout le monde avait consommé. La victime, peu habituée à la prise de cette drogue, avait fait un malaise et était finalement décédée. Les participants à la fête avait alors échafaudé un scénario qui les dédouanerait. Le frère avait joué son rôle de "découverte" du corps. C'est lui qui est aujourd'hui renvoyé devant le tribunal pour homicide involontaire, avec le comparse qui avait fourni la drogue. Un procès devrait se tenir d'ici quelques mois. À la lumière de ces nouveaux éléments, le "lien direct de causalité entre la mort de la victime et le prévenu" ne peut être établi, a conclu la cour en prononçant la relaxe.

 

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