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A Rennes, ils racontent les municipales “vues d'en bas”

Un des élements de la maquette du produits multimédia encore en élaboration / © Sc-po
Un des élements de la maquette du produits multimédia encore en élaboration / © Sc-po

La promotion du Master 2 journalisme-reportage-enquête  de Science-Po à Rennes planche sur un projet multimedia. L'ambition : faire vivre la campagne à l'échelle de trois quartiers, Villejean, le centre et Cleunay, pour être plus près des préoccupations de tout à chacun.

Par Stéphane Grammont

Dans la salle du conseil de Science-Po à Rennes, des habitants de Villejean échangent avec ceux de Cleunay. Ils participent à une rencontre autour du thème du métro organisée par les étudiants du Master journalisme pour leur projet multimédia. Il s'agit de faire ressortir des échanges entre ceux qui ont le métro depuis une dizaine d'année, et ceux qui vont le voir arriver dans leur quartier. Crainte, essor économique, nuisances : la démarche est participative, et est destinée à nourrir un "webdoc" sur les municipales à Rennes, qui s'appellera Terrains de campagne et mis en ligne sur notre site le 17 mars prochain.

L'objectif : zoomer sur trois quartiers (Villejean, le Centre et Cleunay) pour y traiter des problématiques à l'échelle des habitants. Sécurité, transport, vivre ensemble : les thématiques sont propres à la campagne électorale (qui peine à se lancer à Rennes), mais sont scrutées par le prisme du très local.

Reportage étudiants science po municipales


Trois questions à Jean-François Gérard, le rédacteur en chef du document multimédia.


Pour ce "webdoc", vous avez choisi les municipales "vues d'en bas". Cela veut dire quoi exactement ?

Rennes est une ville tout de même très politisée, et investie par des courants politiques et de pensée très différents, ainsi que ses universités qui créent une émulation. Il existe une forte demande pour le débat politique, même s'il n'est pas forcément local. Dans le même temps, une partie de la population est aussi lassée de la politique, de la manière dont elle est faite, et qui sait qu'à Rennes le PS est très implanté depuis des générations. Ces personnes estiment que le renouvellement politique est quasi-impossible. Leurs préoccupations ne sont pas forcément celles portées par les candidats.

Nous avons donc privilégié la rencontre avec les habitants de plusieurs quartiers de Rennes, sur des points précis, plutôt que la vision globale à l'échelle de la ville voire de la Métropole, plus technique. C'est une démarche qui nécessite de créer une relation de confiance, et de travailler sur le temps long. En journalisme, c'est un luxe.

Vous avez choisi trois quartiers de Rennes, Villejean, le centre et Cleunay. Pourquoi se concentrer sur trois quartiers seulement, et comment les avez-vous choisis ?

Nous avons privilégié 3 quartiers pour être 5 à travailler dessus et pouvoir décrypter leurs réalités, qui ne peuvent être condensées en un ou deux sujets. Cela permettait entre nous de recouper des informations et croiser nos regards. Contrairement à beaucoup de webdoc qui privilégient la forme, nous avons privilégié le fond.

Nous avons choisi trois quartiers aux propriétés différentes, sans pour autant les opposer, mais montrer quels enjeux se recoupent ou y diffèrent.
L'opposition entre Cleunay et Villejean était assez évidente avec d'un côté un quartier où beaucoup a été fait (université, logement, dalle Kennedy, métro, infrastructures sportives) et de l'autre un quartier qui va se transformer avec justement la nouvelle ligne de métro et le nouveau quartier de la Courrouze. Les préoccupations actuelles ne sont en revanche pas forcément celles mises à l'agenda par ces grandes politiques.

Le centre est, lui, un quartier très investis, qui fait office de vitrine de la ville. Il fait davantage office de synthèse et de croisement de différentes populations rennaises... comme de ses futures lignes de métro.

Vous êtes une promotion d'"apprentis" journalistes. Quel regard différent pensez-vous apporter par rapport à la presse rennaise

Médiatiquement, il y a une vraie richesse à Rennes entre le siège de France 3 Bretagne, Ouest-France , le plus gros titre de PQR français, le Mensuel de Rennes, Breton, des blogs ou webzines, tous sur des formats différents.

L'idée était que la campagne des candidats au jour le jour est déjà très bien couverte par ces différentes rédactions, qui ont plus de moyens logistiques ou techniques que nous, et sont aussi plus aguerries ou implantées. Si l'on voulait apporter une nouvelle approche, on s'est dit qu'il fallait donner la parole prioritairement aux citoyens, aux personnes qui ne sont pas sur les listes, ni dans une certaine élite, que ce soit politique, universitaire ou économique. Cela n'a pas toujours été facile, mais apporte des voix différentes dans une campagne parfois un peu plate.

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