Rennes. Le journaliste afghan menacé d’expulsion est finalement autorisé à demander l’asile en France

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Écrit par Juliette Vincent-Seignet
Elyaas Ehsas, 28 ans, journaliste aghan.
Elyaas Ehsas, 28 ans, journaliste aghan. © Juliette Vincent-Seignet / France Télévisions

Elyaas Ehsas, 28 ans, était correspondant de guerre en Afghanistan. Il était entré en clandestinité en France pour éviter d’être expulsé vers son pays d’origine où il est menacé de mort par les talibans. Il a finalement été autorisé à déposer une demande d’asile en France.

Elyaas Ehsas, toujours le sourire malgré les obstacles. Nous l'avons rencontré plusieurs fois ces derniers mois. Il était parfois déboussolé, angoissé, perdu. Mais aujourd’hui, il est heureux. Soulagé, c’est le mot. Car depuis son arrivée en France en septembre 2020, il vivait dans l'attente et même caché depuis avril dernier.

Malgré les demandes urgentes, le pays des droits de l’homme lui a toujours refusé son asile politique. Dans cet article, nous vous expliquons la position de la France face à ce journaliste qui avait fait sa première demande d’asile en Suède. En effet, selon les accords de Dublin, seule la Suède, son premier pays d’accueil, peut le régulariser.


La France requalifie sa demande d'asile

Mais le 14 novembre dernier, grande surprise. Sur Facebook, il nous annonce, plein de joie : “Nous avons gagné”. La préfecture d’Ille-et-Vilaine le convoque pour une “requalification” de sa demande d’asile.

Il écrit avec soulagement : “le cauchemar de Dublin est terminé, je souhaite que personne sur le continent ne connaisse la souffrance, la douleur et l’attente sans fin de Dublin”.


Sa famille accueillie en France

Mais pourquoi la France a-t-elle changé d’avis ? Car la situation en Afghanistan depuis l'été dernier est terrible. En août dernier, la famille d’Elyaas Ehsas a été évacuée par les autorités françaises. Elle était menacée par les talibans en raison de l’activité journalistique de leur fils mais aussi parce que leur fille, la petite soeur d’Elyaas Ehsas, “était dans l’équipe nationale afghane de basket-ball”, a expliqué à l’AFP son avocat, Me Clément père.

Si leur fils craint autant pour sa vie c'est qu'il est l’un des visages de la télévision afghane. Elyaas Ehsas était correspondant pour la chaîne nationale Rah-e-Faarda et couvrait les attaques à la bombe, les attentats suicides. Cette télévision nationale appartient à la communauté Hazara, une minorité chiite discriminée, ciblée par les talibans sunnites. Dans son pays, ce jeune journaliste était accusé de trahison par les talibans.

"Etant donné que sa famille était demandeuse d'asile en France, j'avais demandé qu'il puisse lui aussi faire sa demande en France et que cette dernière renonce à poursuivre la procédure Dublin. Cette procédure signifie que la France ne va même pas regarder le fond et les raisons pour lesquelles une personne demande l'asile", a ajouté Me Père.


Les talibans menacent les médias

Après la prise de pouvoir des talibans en août dernier, des centaines de journalistes afghans ont fui le pays par peur de représailles. Des journalistes et ONG afghanes ont dénoncé ce mardi 24 novembre les nouvelles règles imposées par le régime taliban aux télévisions afghanes, craignant un musèlement progressif des médias.

Les télévisions afghanes sont appelées à éviter les programmes "opposés aux valeurs islamiques et afghanes" ainsi que ceux qui insultent la religion ou "montrent le prophète et ses compagnons". C'est la première fois que ce ministère tente de réguler la télévision afghane depuis la prise du pouvoir par les talibans, mi-août.

 

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