Rennes : des migrants trouvent un nouveau refuge dans une maison appartenant à la ville

Des demandeurs d'asile se sont installés dans cette grande bâtisse avenue du Général Leclerc à Rennes et aimeraient pouvoir y rester le temps de trouver une autre solution d'hébergement / © E. Colin - France Télévisions
Des demandeurs d'asile se sont installés dans cette grande bâtisse avenue du Général Leclerc à Rennes et aimeraient pouvoir y rester le temps de trouver une autre solution d'hébergement / © E. Colin - France Télévisions

Une cinquantaine de personnes s'est installée avenue du Général Leclerc à Rennes, dans une maison à l'abandon depuis plusieurs années et appartenant à la ville de Rennes. Soutenues par des associations, elles aimeraient y rester, le temps de trouver un hébergement plus digne et pérenne.

Par E.C


Elles sont passées par le camp des Gayeulles, puis des Veyettes à Rennes. Une cinquantaine de personnes exilées, vient de trouver refuge dans un nouvel endroit, une maison, située avenue du Général Leclerc, avec l'aide de différentes associations. "Depuis le mois de décembre et janvier, nous avons eu plusieurs réunions avec ces personnes sans logement. On voulait retrouver un lieu qui soit habitable par un certain nombre d'entre elles", explique Vincent Gibelin, du groupe Logement du 14 octobre.

L'immense bâtisse est une ancienne propriété du centre hospitalier Guillaume Régnier, qui appartient désormais à la ville de Rennes. Cette dernière précise : "Ce bâtiment est mis à la disposition du Centre Hospitalier Guillaume Régnier depuis 5 ans, dans le cadre d’une convention. Cette convention précise que le CHGR, qui en est le gestionnaire, doit s’assurer de la sécurisation du site."


Un nouvel espace de vie plus sécurisé 


Sept familles, dont huit mineurs (de 5 mois à 17 ans) ainsi que des couples ou personnes seules s'y sont installés depuis jeudi dernier, en se répartissant les 21 chambres. Sur place, pas d'électricité ou de chauffage, aucun meuble. Leur situation reste précaire. Sonia est là avec son fils. Elle a littéralement fui les Veyettes : "Avec un enfant c'est trop compliqué. Là-bas, il y a trop de monde. La nuit il y a des bagarres, des personnes qui se droguent, on ne dort pas. Il fait froid. Ce n'est pas possible." 

La nouvelle maison représente un espace plus sécurisé mais aussi mieux localisé, en ville, ce qui faciliterait ses démarches. Elle se dit fatiguée de se déplacer, d'un point à un autre, toujours dans l'incertitude.

La mairie s’est engagée à héberger toutes les familles avec enfants. Il est clair qu’elle fait des choses et qu’elle en héberge. Mais il en reste dehors. Mariken, membre du Groupe Logement du 14 octobre

"L’avantage qu’a cet endroit,qui n’est pas une solution, c'est qu'il y a des pièces fermées dans lesquelles les familles peuvent avoir un sentiment de sécurité et d’intimité", explique Mariken. 

Les membres des associations souhaitent une rencontre avec la mairie. Ils rappellent que cette dernière a des obligations envers les demandeurs d'asile. Ils aimeraient notamment pouvoir aménager et chauffer les lieux rapidement. "On attend qu’il nous contacte pour nous rencontrer et qu’ils acceptent que les personnes exilées puissent vivre et occuper cet espace qui ne sert à personne et à rien du tout." Un élu les recevra ce mardi 25 février.

La situation de ces personnes sans logement est loin d'être réglée. Près de 200 se trouvent encore au squat des Veyettes, dans le quartier du Landry. Le propriétaire du bâtiment industriel a engagé une procédure d'expulsion. Le tribunal administratif doit rendre sa décision le 13 mars prochain. 


 

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