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Rennes : un centre de prévention contre les dérives sectaires liées à l'islam

Dounia Bouzar rappelle que le port du niqab n'est pas inscrit dans l'Islam
Dounia Bouzar rappelle que le port du niqab n'est pas inscrit dans l'Islam

L'anthropologue Dounia Bouzar a annoncé le lancement du « Centre de prévention contre les dérives sectaires liées à l’islam », une association pour aider les familles dont un enfant se radicalise. L'une des cellules d'alerte et de ressources sera basée à Rennes. 

Par Emilie Colin

L'anthropologue du fait religieux et gestion de la laïcité Dounia Bouzar va lancer le Centre de prévention contre les dérives sectaires liées à l'islam (CPDSI). Cette association devrait aider les familles dont un enfant est attiré par l'islam radical. Interrogée par le journal La Croix, Dounia Bouzar l'auteur de "Désamorcer l'Islam radical" explique être "Convaincue d'être face à un phénomène similaire à celui des sectes" et "entend fédérer travailleurs sociaux et spécialistes des dérives sectaires pour mieux prévenir les radicalisations". 


A Rennes, un futur travail collaboratif entre les bénévoles de l'UNADFI et les travailleurs sociaux

Plusieurs "cellules d'alerte et de ressources" doivent être créées par cette nouvelle association, dont les premières verront le jour en région parisienne, à Rennes, Montbéliard et Grenoble. Pourquoi Rennes ? Jointe par téléphone, elle précise tout de suite que la ville n'est en rien un terreau pour les radicaux islamistes et rappelle : 

Toute la France est concernée parce que cela passe par internet. Il y a 10 ans, cela ne touchait que des familles fragilisées. Aujourd'hui, on a des familles du XVIème arrondissement de Paris, de la région Bretagne.  L'endoctrinement est plus rapide, il n'y a pas de gourou physique.


Depuis un an, l'anthropologue forme des travailleurs sociaux rennais sur la thématique de la laïcité. La radicalité liée à l'Islam devrait être abordée par la suite. Les bénévoles de l'UNADFI (Union Nationale des Associations de Défense des Familles et de l'Individu victimes de sectes) se joindront à eux dans cette démarche.

Parmi les objectifs de Dounia Bouzar : proposer des permanences d'écoute, tous les 15 jours et surtout créer des supports de communication à destination des familles. "On aimerait travailler sur les étapes d'endoctrinement, croiser les regards là-dessus pour faire une prévention efficace et donner des indicateurs d'alerte."

Le poids des mots

La chercheuse insiste sur l'utilisation des mots, notamment par la presse. Attribuer les mots de la religion à cette dérive sectaire ne fait, selon elle, que renforcer les amalgames déjà existants sur l'Islam et les musulmans. Le terme "converti" par exemple n'est pour elle pas adéquat, il faut bien parler "d'endoctriné". Elle souligne "dès qu'un discours ramène à l'auto-exclusion ou à l'exclusion, on doit s'inquiéter tout de suite".

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