Les réserves d'eau souterraine sont pleines en Bretagne

Les réserves souterraines en Bretagne sont pleines d'eau. Le Carrefour de l'eau, organisé à Rennes les 29 et 30 janvier au Parc Expo, est l'occasion de faire le point sur la situation bretonne, après les épisodes de sécheresse de ces dernières années, puis de pluies abondantes cet hiver.
 

Flora Lucassou, hydrogéologue du BRGM Bretagne relève le niveau d'eau d'un piézomètre
Flora Lucassou, hydrogéologue du BRGM Bretagne relève le niveau d'eau d'un piézomètre © Krystel Veillard - France Télévisions

A l'occasion du Carrefour de l'eau à Rennes ce mercredi et ce jeudi au parc des expositions, coup de projecteur sur les eaux souterraines et la situation de la Bretagne après les épisodes de sécheresse des ces dernières années puis les pluies abondantes et d'inondations de cet automne et cet hiver.
 

Des niveaux d'eau élevés dans les nappes phréatiques


Flora Lucassou, hydrogéologue au BRGM, relève l'un des 52 points de captage présents sur le territoire breton, ce qu'on appelle encore un piézomètre. Il s'agit de celui de Saint-Jacques-de-la-Lande, près de Rennes. Un forage de 53 mètres de profondeur. La sonde bippe au contact de l'eau, et là elle se met à sonner à 2,18 mètres de la surface. Un niveau élevé pour la saison, précise l'ingénieure, "supérieur aux normales, grâce aux pluies de cet automne et de cet hiver, les nappes souterraines se sont bien rechargées"
   
Flora Lucassou du BRGM relève le niveau d'eau d'un forage à Saint-Jacques de la Lande (35)
Flora Lucassou du BRGM relève le niveau d'eau d'un forage à Saint-Jacques de la Lande (35) © Krystel Veillard - France Télévisions
 

Les sécheresses effacées par les pluies de l'hiver


Ces relevés réguliers se font automatiquement sur tous ces forages et permettent un suivi et l'édition de bulletins de situation. Ils permettent encore d'alimenter la connaissance sur les eaux souterraines. Et actuellement, les trois dernières années de sécheresse ont pu être effacées, grâce aux pluies. Mais poursuit la jeune femme, "la situation va dépendre de la pluie des mois à venir et c'est encore difficile de se projeter. On a des outils en développement pour faire de la prévision, mais pour l'heure actuelle c'est encore difficile de dire quelle sera la situation l'été prochain."
   

De l'eau de pluie stockée dans le sous-sol


Le BRGM, bureau de recherche géologiques et minières, est un organisme national, qui s'occupe du sous-sol, pour ce qui est des risques, mais aussi de ses ressources et l'eau en fait partie. L'antenne bretonne, basée à Rennes, comprend une dizaine de personnes, qui assure le suivi et les études. L'eau souterraine, c'est de l'eau de pluie stockée dans le sous-sol, dans ce qu'on appelle des aquifères ou encore des nappes phréatiques. La Bretagne, en raison de sa géologie, composée de roches dures, est caractérisée par de petites cavités, de petites nappes, mais très réactives à l'eau de pluie, qui tombe dans l'année. Un système assez complexe et qui peut s'avérer très différent d'un endroit à l'autre, explique Mélanie Bardeau, directrice du BRGM Bretagne.
 

En Bretagne 25% de l'eau consommée vient du sous-sol


En Bretagne, contrairement au reste du territoire, 75% de l'eau potable consommée est de l'eau de surface, c'est à dire fournit par les rivières et les barrages et seulement 25% vient des eaux souterraines. Cette situation est liée au fait que "jusque dans les années 70 et 80, on pensait qu'il n'y avait pas d’eau souterraine en Bretagne, que toute l'eau ruisselait" souligne Mélanie Bardeau. "Et donc historiquement on a beaucoup compté sur les eaux superficielles. Aujourd'hui on connaît de mieux en mieux cette ressource et on la mobilise de plus en plus." Des eaux souterraines, qui sont pour moitié utilisées pour l'eau potable, 20% pour l'industrie, 20% pour l'élevage et 7% pour l'irrigation.
 

De l'eau souterraine sensible à la pollution


Cette eau souterraine est comme l'eau de surface, sensible à la pollution, aux nitrates, aux produits phytosanitaires et autres, mais avec une inertie plus grande. C'est à dire, qu'avec ses filtres naturels, il faut plus de temps pour que la pollution y arrive, mais il faut aussi plus de temps pour qu'elle en parte... 


 
 
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