Rythmes scolaires : quatre matinées ou cinq, les communes pourraient bientôt choisir

Depuis 2013, l'apprentissage devait être concentré sur cinq matinées, avec des après-midi plus courts. / © France 3 Bretagne
Depuis 2013, l'apprentissage devait être concentré sur cinq matinées, avec des après-midi plus courts. / © France 3 Bretagne

Le 8 juin doit être présenté aux enseignants un projet de décret autorisant les communes à choisir d'appliquer ou non la réforme des rythmes scolaires mise en place en 2013. Si certaines veulent revenir en arrière, d'autres garderont la semaine de 4 jours et demi.

Par Quentin Vasseur avec Hélène Pedech

On croyait la semaine à 4,5 jours désormais ancrée dans le paysage, mais de nombreuses communes pourraient faire marche arrière, à la faveur du projet de décret qui doit être soumis le 8 juin aux enseignants.

La Guerche-de-Bretagne, en Ille-et-Vilaine, n'a d'ailleurs pas attendu ce décret pour se débarrasser de la cinquième matinée. "Pour les maternelles" le maire Pierre Després notait "une fatigue et un absentéisme le mercredi", puisqu'"un certain nombre de parents gardent leurs enfants chez eux le mercredi matin en maternelle."

Cette réforme commence à porter ses fruits sur Rennes


Un coût pour les communes

À Rennes, malgré le million d'euros que coûte l'organisation des nouveaux rythmes scolaires, le retour en arrière n'est pas à l'ordre du jour pour les 83 écoles publiques. 

"Cette réforme commence à porter ses fruits sur Rennes" assure Lénaïc Riéro, adjointe au maire de Rennes en charge de l'Éducation, "d'abord au niveau des apprentissages qui sont facilités le matin, ensuite avec cette réforme beaucoup plus d'enfants ont accès à des activités sportives, culturelles, artistiques."

Rythmes scolaires : libres, les communes choisiront-elles la semaine à 4 ou à 4,5 jours ?
Intervenants : Pierre Després, Maire de la Guerche-de-Bretagne ; Lénaïc Biréro, Adjointe au maire de Rennes en charge de l'Education ; Magalie Icher, Présidente FCPE 35 ; Louis Pautrel, Maire du Ferré (35), Association des maires ruraux de France - Reportage d'Hélène Pedech et Lionel Bonis

70% des communes peinaient à financer l'organisation de la réforme, notamment les activités périscolaires. C'est surtout le cas des communes les plus modestes.

D'où la promesse d'Emmanuel Macron : proposer aux communes de choisir elles-mêmes de revenir à la semaine de quatre jours pour les élèves de maternelle et de primaire, ou de conserver la matinée supplémentaire qu'avait mis en place la "loi Peillon".

Je suis pas sûre que ça soit un bien-être pour l'enfant de jouer au yoyo


Magalie Icher, qui représente les parents d'élèves au FCPE 35, estime qu'"il faut laisser le temps au rythme scolaire de se mettre en place". Elle souligne que "les parents ont fait cet effort dans leur emploi du temps et leur dire au bout de 2 ans et demi, 3 ans : 'En fait on risque de changer', je suis pas sûre que ça soit un bien-être pour l'enfant de jouer au yoyo comme ça..."

L'apprentissage concentré le matin


La "loi Peillon", appliquée depuis trois ans, concentrait les apprentissages fondamentaux - lecture, écriture, calcul - sur cinq matinées au lieu de quatre et raccourcir l'après-midi, mais elle exigeait des communes qu'elles mettent en place des activités pour les enfants en fin de journée.

Quatre jours ou quatre jours et demi, le débat n'a jamais été tout à fait clos, mais le décret présenté jeudi risque en tout cas le relancer.

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